Législatives : Jusqu’à 5 ans de prison pour certaines fake news !
À l’approche des législatives du 23 septembre, le Maroc renforce son arsenal juridique contre les fake news et la désinformation électorale. La nouvelle disposition prévoit notamment des peines allant jusqu’à cinq ans de prison et 100.000 dirhams d’amende dans certains cas.

À l’approche des élections législatives du 23 septembre, le Maroc renforce son dispositif juridique contre la diffusion de fausses informations en ligne. Les nouvelles dispositions prévoient des sanctions contre les contenus mensongers ou falsifiés susceptibles de porter atteinte aux candidats, aux électeurs ou à la crédibilité du scrutin.
La lutte contre les fake news occupe désormais une place importante dans le dispositif encadrant les élections législatives du 23 septembre. De nouvelles dispositions ont été introduites afin de mieux encadrer l’utilisation des réseaux sociaux et des outils numériques pendant la période électorale.
Ces règles concernent notamment la diffusion, sans consentement, de propos ou d’images d’une personne, ainsi que la publication ou le partage de fausses informations, de rumeurs, d’allégations mensongères ou de documents falsifiés lorsqu’ils visent à porter atteinte à la vie privée ou à la réputation des électeurs et des candidats.
Des sanctions prévues par la loi
L’article 51-bis, introduit par la loi organique 53.25 modifiant et complétant la loi organique 27.11 relative à la Chambre des représentants, prévoit également des sanctions contre la diffusion de rumeurs ou de fausses informations susceptibles de remettre en cause la crédibilité et la transparence des élections.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par l’utilisation croissante des réseaux sociaux et le développement de l’intelligence artificielle, qui facilitent la création et la diffusion rapide de contenus manipulés.
La nouvelle disposition vise notamment les contenus diffusés dans l’intention de nuire ou d’influencer illégalement le processus électoral.
Un équilibre entre liberté d’expression et responsabilité
Le dispositif entend préserver la liberté d’opinion et d’expression garantie par la Constitution, tout en renforçant la protection de la vie privée et de la réputation des candidats et des électeurs.
Ainsi, la présence d’une intention de nuire constitue un élément important dans l’application de ces nouvelles dispositions. Les situations dans lesquelles cette intention n’est pas établie ne sont pas visées de la même manière.
L’objectif est donc de trouver un équilibre entre la liberté d’expression et la responsabilité dans l’utilisation des outils numériques, particulièrement pendant les périodes électorales.
Jusqu’à cinq ans de prison
Selon l’article 51-bis, les infractions concernées peuvent être sanctionnées par une peine d’emprisonnement de deux à cinq ans, ainsi que par une amende comprise entre 50.000 et 100.000 dirhams.
Ces sanctions visent notamment à dissuader les campagnes de désinformation, les contenus falsifiés et les rumeurs susceptibles de porter atteinte à la réputation des personnes ou à la confiance dans le processus électoral.
L’intelligence artificielle accentue le défi
Le développement de l’intelligence artificielle rend la lutte contre les contenus falsifiés plus complexe. Les images, vidéos et autres contenus manipulés peuvent désormais être produits et diffusés rapidement auprès d’un large public.
Dans ce contexte, le nouveau dispositif cherche à adapter le cadre juridique aux transformations de l’espace numérique et aux nouveaux risques liés à la désinformation pendant les élections.
Renforcer la confiance dans le scrutin
À travers ces nouvelles règles, les autorités cherchent à protéger l’intégrité du processus électoral, à limiter la manipulation de l’opinion publique et à préserver la réputation des candidats et des électeurs.
Le dispositif vise également à renforcer la confiance des citoyens dans la transparence des élections, tout en établissant un cadre de responsabilité pour l’utilisation des réseaux sociaux et des technologies numériques durant la campagne électorale.




