samedi 5 septembre 2026    Marrakech
Economie

Textile marocain : L’Europe impose de nouvelles règles, le Maroc se prépare

À l’approche de l’entrée en vigueur progressive du passeport numérique européen, le secteur textile marocain accélère sa préparation.

El Mehdi Lamghari ·
Textile marocain : L’Europe impose de nouvelles règles, le Maroc se prépare

À partir de 2027-2028, l’Union européenne introduira progressivement un passeport numérique pour certains produits, dont les textiles. Ce dispositif imposera aux fabricants de fournir davantage d’informations sur l’origine, la composition, la fabrication et l’impact environnemental de leurs produits. Le secteur textile marocain commence déjà à se préparer à cette nouvelle exigence.

Le textile marocain se prépare à une nouvelle étape de sa transformation. L’Union européenne prévoit de mettre progressivement en place le Passeport numérique des produits (DPP), un dispositif destiné à renforcer la traçabilité et la transparence des produits commercialisés sur son marché.

Pour les entreprises marocaines, cette évolution est importante, puisque l’Europe constitue l’un des principaux marchés d’exportation du secteur.

Afin d’anticiper ces nouvelles exigences, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), avec le soutien du Programme suisse de promotion des importations (SIPPO Maroc), a lancé un chantier visant à accompagner les industriels dans leur préparation.

Plus de transparence sur les produits

Le passeport numérique s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur l’écoconception des produits durables (ESPR). Il doit permettre aux acheteurs et aux acteurs de la chaîne de valeur d’accéder à des informations précises sur les produits.

Dans le secteur textile, les entreprises devront notamment être en mesure de renseigner l’origine des matières premières, la composition des produits, les procédés de fabrication, l’utilisation éventuelle de substances chimiques, l’impact environnemental et les possibilités de recyclage.

Cette nouvelle réglementation va ainsi renforcer les exigences de traçabilité tout au long de la chaîne de production.

Un enjeu pour la compétitivité du Maroc

Pour le textile marocain, l’enjeu ne se limite pas à une simple mise en conformité. Le secteur devra également adapter ses méthodes de production et ses systèmes de collecte de données pour rester compétitif sur le marché européen.

Jusqu’à présent, l’attractivité du textile marocain reposait notamment sur sa proximité avec l’Europe, sa capacité à respecter des délais courts et ses coûts compétitifs. Avec l’arrivée du passeport numérique, la qualité et la fiabilité des données liées aux produits deviendront également des critères importants pour les donneurs d’ordre européens.

Cette évolution répond aussi aux nouvelles attentes des grandes marques, qui cherchent à mieux mesurer l’impact environnemental de leurs produits et à renforcer la transparence de leurs chaînes d’approvisionnement.

Le numérique au service de la traçabilité

Dans le cadre de cette préparation, l’AMITH prévoit notamment l’élaboration d’un guide pratique adapté au secteur textile marocain. Celui-ci doit aider les entreprises à comprendre les nouvelles obligations européennes et à identifier les informations qu’elles devront collecter.

Plusieurs technologies peuvent être utilisées pour assurer cette traçabilité, notamment les QR codes, les puces RFID, la technologie NFC et les plateformes de gestion des données produits.

L’objectif est de permettre aux industriels de centraliser les informations nécessaires et de les rendre accessibles tout au long du cycle de vie du produit.

Une contrainte, mais aussi une opportunité

Si le passeport numérique représente un nouveau défi pour les entreprises marocaines, il peut également devenir un avantage pour celles qui auront pris de l’avance.

Une meilleure traçabilité pourrait en effet permettre aux entreprises de valoriser leurs efforts en matière de qualité, de durabilité et de transparence, tout en renforçant l’image du « Made in Morocco » auprès des acheteurs européens.

Pour le secteur textile marocain, l’adaptation à ces nouvelles règles apparaît donc comme un enjeu stratégique. À l’approche de leur mise en œuvre progressive, les industriels sont appelés à accélérer leur transition numérique afin de préserver leur position dans les chaînes de valeur européennes.

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