vendredi 4 septembre 2026    Marrakech
Presse Internationale

Pénuries d’eau et d’électricité : La Tunisie face à un été difficile

La Tunisie a connu un été particulièrement difficile, marqué par des pénuries d’eau, des coupures d’électricité et de fortes chaleurs, mettant à rude épreuve les ménages et plusieurs secteurs économiques.

El Mehdi Lamghari ·
Pénuries d’eau et d’électricité : La Tunisie face à un été difficile

La Tunisie a traversé un été particulièrement difficile, marqué par des coupures répétées d’eau et d’électricité dans plusieurs régions. Avec des températures proches de 50 °C, des millions de Tunisiens ont dû faire face à des difficultés quotidiennes pour s’approvisionner en eau potable et supporter les fortes chaleurs.

Dans plusieurs villes, des files d’attente se sont formées devant les magasins et les dépôts pour acheter quelques bouteilles d’eau minérale. La pénurie a également entraîné une hausse des prix et, selon plusieurs témoignages, le développement de la revente informelle.

Des coupures d’électricité répétées

La hausse de la demande en électricité, notamment pour la climatisation, a poussé la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à procéder à des coupures temporaires dans certaines zones afin de réduire la pression sur le réseau.

Ces interruptions ont également affecté l’approvisionnement en eau, une partie du réseau de distribution dépendant de systèmes de pompage alimentés en électricité.

À Sfax et dans plusieurs villes côtières, des habitants rapportent avoir subi plusieurs coupures par jour, parfois pendant plusieurs heures. Pour les ménages ne disposant pas de climatisation ou vivant dans des logements mal isolés, les fortes chaleurs ont rendu les conditions de vie particulièrement difficiles.

Le secteur avicole fortement touché

Les difficultés ont également eu des conséquences importantes sur l’activité économique, notamment dans le secteur avicole.

À Sfax, l’une des principales régions de production de volailles en Tunisie, plusieurs éleveurs ont fait état de pertes importantes. Les systèmes de refroidissement, d’alimentation et d’approvisionnement en eau des élevages dépendent en grande partie de l’électricité.

Certains professionnels ont dû utiliser des groupes électrogènes pour maintenir leurs installations en fonctionnement, avec des coûts supplémentaires importants liés au carburant.

Une crise qui dépasse l’été

La situation de l’eau ne se limite pas aux épisodes de forte chaleur. Des habitants et des professionnels évoquent des coupures qui se prolongent depuis plusieurs mois et dénoncent un manque d’investissements dans les réseaux.

Face à ces difficultés, les critiques se multiplient sur la gestion des infrastructures hydriques et électriques. De son côté, le président tunisien a évoqué des « actes de sabotage délibérément planifiés » pour expliquer certaines perturbations.

Pour de nombreux Tunisiens, l’été 2026 aura ainsi mis en évidence la fragilité des réseaux d’eau et d’électricité face aux fortes chaleurs et à l’augmentation de la demande.

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