mercredi 2 septembre 2026    Marrakech
Société

Études supérieures : Les infirmiers passent à l’offensive contre la loi 59.24

Le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé s’oppose à plusieurs dispositions de la loi 59.24 sur l’enseignement supérieur, dénonçant des contraintes financières et administratives qui pourraient compliquer l’accès des professionnels de santé aux études universitaires.

El Mehdi Lamghari ·
Études supérieures : Les infirmiers passent à l’offensive contre la loi 59.24

Le débat autour de la loi n°59.24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique se poursuit. Le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé s’oppose à plusieurs dispositions du nouveau texte, qu’il considère comme une menace pour l’accès aux études supérieures et le principe de gratuité de l’enseignement public.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, le syndicat dénonce notamment l’instauration de frais et de nouvelles conditions qu’il juge contraignantes pour les professionnels souhaitant poursuivre leurs études universitaires.

Adoptée par le Parlement et entrée en vigueur en 2026, la loi 59.24 vise à réformer l’organisation et la gouvernance de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Les infirmiers particulièrement concernés

Pour le syndicat, ces nouvelles dispositions pourraient compliquer davantage l’accès des fonctionnaires, notamment des infirmiers et techniciens de santé, à la formation continue et aux parcours universitaires.

L’organisation rappelle les contraintes auxquelles ces professionnels sont confrontés au quotidien, notamment les gardes de nuit, la pression liée à leur activité et les exigences de service. Ils doivent également concilier leur travail avec leurs études et leurs responsabilités familiales.

Le syndicat estime que l’ajout de charges financières et de contraintes administratives pourrait rendre plus difficile l’accès aux formations de master et de doctorat.

Des inquiétudes pour la formation des professionnels de santé

Dans sa lettre, l’organisation rappelle plusieurs avancées réalisées ces dernières années, notamment l’intégration du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans les instituts de formation et la reconnaissance du diplôme d’infirmier comme équivalent à une licence professionnelle.

Selon le syndicat, limiter l’accès aux études supérieures pourrait ralentir la spécialisation des professionnels de santé et réduire leur participation à la recherche scientifique, alors que le secteur de la santé a besoin de compétences davantage spécialisées.

L’organisation appelle ainsi à mettre en place des mesures facilitant la poursuite des études pour les professionnels en activité, notamment un accompagnement administratif et des dispositifs de soutien financier.

Le syndicat réclame une révision des contraintes

Le Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé estime que les nouvelles contraintes pourraient décourager certains professionnels de poursuivre un parcours universitaire.

Il rejette ce qu’il qualifie de « marchandisation » de l’enseignement supérieur et appelle les autorités à lever les obstacles à l’accès des cadres infirmiers et des techniciens de santé aux études supérieures.

Le syndicat affirme enfin qu’il soutiendra les initiatives visant, selon lui, à défendre l’université publique et à garantir aux professionnels de santé la possibilité de poursuivre leur formation et leur parcours scientifique.

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