Ramadan post-confinement: jeûner dans une ambiance de « retour à la normale »

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Le Ramadan 2022 marque sans doute un retour à la normale, avec en toile de fond la stabilisation de la situation épidémiologique et le retour dans le vert des principaux indicateurs de santé dans le Royaume.

Le contexte de confinement a certes dicté l’interdiction des grands rassemblements, un constat plus ou moins difficile pour un pan de la société, même si la communion avec soi-même en silence fût payante. Or, cette année la donne change petit à petit.

Les yeux rivés vers le ciel, les fidèles cultivent désormais l’espoir de pouvoir célébrer le mois le plus sacré de l’année ainsi que la « Nuit du Destin » sous de bien meilleurs auspices, après deux ans de crise sanitaire inédite tant par son ampleur que par sa virulence.

A cet égard, se nourrir de l’héritage des ancêtres ayant privilégié l’ascèse et la modération, constitue le premier pas pour s’acquitter d’une mission spirituelle tant convoitée en ce mois béni.

Tarawih et spiritualité, cette année c’est la bonne

Prières collectives, les Tarawih devraient être accomplies cette année dans les mosquées à un moment où la situation épidémiologique continue à s’améliorer nettement deux ans après le début de la pandémie. De quoi conférer aux nuits ramadanesque leur pleine dimension spirituelle et promouvoir encore davantage les enseignements islamiques authentiques, bouclier salvateur face aux risques de radicalisme et aux dérives.

Dans ce contexte, les érudits estiment que Ramadan, avec ses valeurs spirituelles, se positionne en tant que solution alternative pour la résolution de certaines crises. Aussi sacré qu’il soit, ce qui fait son charme d’ailleurs, le mois du jeûne incarne dans la vie des Marocains les valeurs de la tolérance et de la solidarité, en termes notamment de pacification de la société et de purification de l’âme des fidèles, en harmonie avec les constantes du Royaume fondées sur la Commanderie des croyants, la doctrine Ash’arite, le rite Malékite et le soufisme sunnite.

Ainsi, les opérations « Iftar » collectives témoignent tout simplement de l’hospitalité et de la générosité dont font preuve les Marocains, à l’heure où les cafés et restaurants reprendront leurs activités durant les soirées du Ramadan, après avoir subi les contrecoups de la Covid-19.

Consommateur chahuté ou à fleur de peau!

Par ailleurs, visibles dans chaque recoin des villes marocaines, les vendeurs de la fameuse Chebbakia, des gâteaux traditionnels, des crêpes, ou encore des épices et autres sont déjà au starting-block, prêts à envahir les souks, les marchés et les rues commerçantes à l’approche de ce mois sacré.

Ibrahim, marchand à Kénitra, a indiqué dans une déclaration à la MAP qu’il a pris ses dispositions pour assurer l’approvisionnement en prévision du mois sacré, soulignant que l’activité commerciale demeure en deçà des attentes, mais devrait connaître un certain dynamisme durant ce mois.

Même son de cloche chez Khanfouri, un marchand de légumes qui se plaint d’une « certaine récession » à cause des prix élevés d’un certain nombre de fruits et légumes à l’approche de ce mois, une situation qui n’est pas appréciée par les clients.

Alors que pour Mmi Habiba, une sexagénaire qui s’adonne à la vente des plantes et herbes a formé le vœu que le Ramadan de cette année soit bien meilleur sur le plan commercial que son précédent et que la situation économique puisse s’améliorer prochainement.

Pour Taieb, propriétaire d’un magasin d’alimentation générale, les gens sont parvenus à s’en sortir pendant les deux Ramadan vécus sous confinement et à s’approvisionner en quantité suffisante. Or, à ses yeux, « la situation s’annonce un peu compliquée à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires qui sont d’ailleurs abondantes sur le marché national ».

Gaspillage, la partie immergée de l’iceberg!

Approché par la MAP, le président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), Bouazza Kherrati, a souligné que le Ramadan est devenu un mois de surconsommation, surtout des produits alimentaires.

« Malgré les circonstances climatiques, sociales ou l’impact de crise, le consommateur marocain reste toujours sensible à la fièvre de gaspillage », a-t-il estimé, ajoutant que cette situation est due en premier lieu à la méconnaissance des grandes finalités de la religion musulmane, à savoir jeûner pour pouvoir ressentir les besoins qu’éprouvent les plus démunis.

Mettant en valeur les bienfaits sanitaires évidents et les vertus religieuses de ce mois, le président de la FMDC a déploré la tendance au gaspillage constatée chez une partie de citoyens. Sur ce registre, il a appelé à redoubler d’efforts en matière de sensibilisation des consommateurs marocains à ce sujet dans une logique de promotion de la souveraineté alimentaire du pays.

Le chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, avait présidé le 14 mars une réunion au sujet de la disponibilité et de l’approvisionnement en produits alimentaires à l’approche du mois de Ramadan.

A l’approche du mois du jeûne, le gouvernement a favorisé une grande mobilisation en faveur de l’approvisionnement des marchés en produits alimentaires ainsi que des contrôles accrus au niveau de la commercialisation et le contrôle de leur qualité.

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