Des experts de l’ONU dénoncent la propagation de la haine raciale sur les réseaux sociaux

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Des experts des droits de l’homme de l’ONU ont dénoncé vendredi 06 janvier en cours une forte augmentation de l’utilisation d’un mot raciste sur Twitter après la récente acquisition de cette compagnie par Elon Musk et appelé les entreprises de réseaux sociaux à « assumer plus profondément leurs responsabilités face aux manifestations de haine envers les personnes d’ascendance africaine ».

Dans un communiqué conjoint, ces experts* ont noté que durant les premiers jours suivant l’acquisition de Twitter, le Network Contagion Research Institute de l’Université Rutgers avait observé une augmentation de 500% de l’utilisation du mot haineux et raciste commençant par la lettre « N » sur la plate-forme par rapport à la période précédente.

En dépit des déclarations de Twitter, qui attribuent ces abus à une campagne de trolls en réitérant « qu’il n’y a pas de place pour la haine » sur ce réseau, ces experts ont jugé ces manifestations haineuses assez préoccupantes pour « mériter une réponse urgente centrée sur les droits de l’homme » de la part des entreprises de réseaux sociaux.

Rappelant que d’autres géants des réseaux sociaux comme Meta sont tous aussi concernés, les mêmes observateurs déplorent le fossé qui sépare les engagements des entreprises à lutter contre les discours de haine et la mise en œuvre effective de ces politiques sur les sites, comme le démontre à leurs yeux l’approbation de publicités incendiaires, parfois impossibles à bloquer, la diffusion de désinformation électorale et de théories du complot sur Facebook.

Les experts saluent toutefois comme une « étape importante » la création par Meta en 2020, en réponse à de nombreuses plaintes, d’un conseil de surveillance composé d’experts dans divers domaines habilités à prendre des décisions en toute indépendance et à émettre des recommandations sur les politiques de contenus de Facebook et Instagram.

Mais ils rappellent que l’efficacité de ce conseil ne peut être évaluée qu’à long terme et nécessitera un engagement constant au plus haut niveau des réseaux sociaux pour examiner et modifier leurs mécanismes de lutte contre l’incitation à la haine raciale en ligne.

Selon eux, il existe un risque que « l’arbitraire et l’attrait du profit entravent les mécanismes de surveillance et de réglementation des réseaux sociaux ».

Les experts de l’ONU citent aussi la récente lettre ouverte écrite par Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, à Elon Musk, PDG de Twitter, qui souligne que « la liberté d’expression ne constitue pas un passe-droit pour une désinformation néfaste entrainant des dommages dans le monde réel ».

« Les discours de haine non seulement sapent les droits des personnes d’ascendance africaine », précise le communiqué, mais créent aussi « des fissures majeures dans les sociétés, source de diverses formes de déstabilisation à l’intérieur des pays ».

AGENCES

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