lundi 7 septembre 2026    Marrakech
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G20 : Nvidia et OpenAI poussent les États à accélérer sur l’IA

L’intelligence artificielle s’impose au cœur des discussions du G20. Les patrons de Nvidia et d’OpenAI exhortent les États à investir davantage dans les infrastructures et à accélérer l’utilisation de cette technologie.

El Mehdi Lamghari ·
G20 : Nvidia et OpenAI poussent les États à accélérer sur l’IA

Réunis aux États-Unis, les dirigeants de Nvidia et d’OpenAI ont appelé les pays du G20 à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle. Pour eux, l’IA doit désormais être considérée comme une infrastructure essentielle, au même titre que l’eau, les routes, l’électricité ou Internet.

Lors d’une réunion du G20 organisée en Caroline du Nord, plusieurs dirigeants de la tech américaine ont défendu un développement rapide de l’intelligence artificielle et des infrastructures nécessaires à son fonctionnement.

Jensen Huang : l’IA, une infrastructure stratégique

Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a appelé les gouvernements à investir davantage dans les infrastructures liées à l’IA.

« L’IA est une infrastructure, au même titre que l’eau, les routes, l’électricité, internet », a-t-il déclaré devant les ministres des vingt premières économies mondiales.

Selon lui, chaque pays doit disposer des moyens nécessaires pour développer et utiliser cette technologie. Cela passe notamment par la construction de centres de données et l’accès aux processeurs indispensables au développement des modèles d’IA.

Mais cette accélération suscite aussi des inquiétudes. Aux États-Unis, plusieurs projets de centres de données sont contestés en raison de leur forte consommation d’électricité et de leur impact sur les territoires concernés.

En Caroline du Nord, plusieurs centaines de personnes ont notamment manifesté contre le développement rapide de l’intelligence artificielle lors de la réunion du G20.

Jensen Huang a également écarté l’idée d’une disparition massive des emplois. Selon lui, l’IA va surtout automatiser certaines tâches, sans supprimer la nécessité des métiers. Il estime que le principal risque pour les pays serait plutôt de rester en dehors de cette transformation technologique.

Sam Altman : « Vous devez l’utiliser »

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, s’est montré plus souple sur la question des centres de données. Il estime que certains pays pourront en construire sur leur territoire, tandis que d’autres pourront louer des capacités auprès d’opérateurs étrangers.

Sur l’utilisation de l’IA, son discours est toutefois beaucoup plus ferme.

« Ce n’est pas négociable. Vous devez l’utiliser », a-t-il lancé aux représentants des États, estimant que le potentiel économique de cette technologie est trop important pour être ignoré.

Sam Altman a néanmoins reconnu que les inquiétudes liées à l’IA étaient légitimes. Il a appelé à anticiper les risques liés à son développement et à éviter une concentration excessive des richesses générées par cette industrie.

Les gouvernements veulent encadrer le développement

Face aux appels des dirigeants de la tech, les responsables politiques adoptent une position plus prudente.

Le ministre britannique chargé de la Science, de l’Innovation et de l’Investissement, Chris McDonald, a reconnu les opportunités offertes par l’IA, tout en rappelant que les entreprises et les gouvernements n’ont pas les mêmes responsabilités.

Le Royaume-Uni souhaite ainsi accélérer le développement de l’intelligence artificielle tout en maintenant la confiance du public.

Pour Londres, l’enjeu est de trouver un équilibre entre innovation et protection, mais aussi entre croissance économique et encadrement.

Chris McDonald a résumé cette approche à travers l’image de « Boucles d’or » : le développement de l’IA ne doit être « ni trop chaud ni trop froid », mais « juste à point ».

Un débat qui prend de l’ampleur

Les échanges au G20 montrent que l’intelligence artificielle est devenue un enjeu stratégique pour les grandes économies.

Alors que les géants de la tech poussent les gouvernements à accélérer, les États doivent désormais trouver un équilibre entre le potentiel économique de l’IA, les besoins en infrastructures et les risques sociaux et environnementaux liés à son développement.

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