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Migration vers Sebta: Les réseaux numériques sous surveillance

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L’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir diffusé des appels à organiser des tentatives collectives d’entrée à Sebta et Melilla met en évidence le rôle croissant des réseaux sociaux dans la mobilisation migratoire.

Selon plusieurs spécialistes marocains, ces réseaux ne se limitent plus aux régions proches de la frontière. Les plateformes numériques permettent désormais de diffuser rapidement des appels et de mobiliser des personnes dans différentes régions du Royaume.

Jeudi, la police judiciaire de Tiznit a notamment arrêté un jeune homme de 20 ans, soupçonné d’être impliqué dans l’incitation et la préparation de tentatives d’immigration irrégulière vers Sebta depuis Tiznit.

Cette arrestation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de messages appelant à organiser des tentatives collectives d’entrée à Sebta et Melilla. Le ministère de l’Intérieur avait également annoncé l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces activités.

Les personnes interpellées font l’objet d’une enquête judiciaire sous la supervision du parquet afin de déterminer leur rôle et les éventuelles responsabilités pénales.

Une mobilisation qui dépasse le nord

Pour Mohamed Tayar, chercheur en études sécuritaires, ces arrestations montrent que les réseaux de mobilisation ont évolué.

Traditionnellement concentrés dans les zones proches de Sebta, notamment Fnideq, M’diq et Tétouan, ces réseaux peuvent désormais s’appuyer sur les plateformes numériques pour atteindre des personnes vivant loin de la frontière.

Certains acteurs peuvent ainsi participer à la diffusion des appels et au recrutement, tandis que d’autres peuvent intervenir dans le déplacement des candidats vers les zones frontalières.

Des réseaux plus difficiles à identifier

Cette nouvelle organisation complique le travail des services de sécurité. Selon le chercheur, une personne arrêtée pour avoir diffusé un appel ne constitue pas forcément le principal responsable. Elle peut être seulement un élément d’un réseau plus large composé de plusieurs personnes et comptes numériques.

Les rôles peuvent être répartis entre la publication des messages, le recrutement, la diffusion des contenus et l’organisation des déplacements.

Les réseaux sociaux au cœur du dispositif

Pour Tayeb Hazzaz, expert en sécurité informatique, les réseaux sociaux ont profondément changé les méthodes de mobilisation.

Une campagne peut aujourd’hui être lancée dans une ville éloignée de la frontière et atteindre des milliers de personnes en quelques heures.

Les services chargés de la surveillance doivent donc, selon lui, analyser non seulement les personnes à l’origine des publications, mais aussi la manière dont les contenus sont diffusés et amplifiés : comptes impliqués, groupes, plateformes et mécanismes de recommandation.

La mobilisation peut ainsi commencer bien avant l’arrivée aux frontières, à travers les téléphones et les réseaux sociaux.

Pour les spécialistes, le principal défi consiste désormais à comprendre la structure de ces réseaux numériques et leur capacité à transformer une mobilisation en ligne en mouvement réel.

Cette évolution intervient alors que les appels à des tentatives collectives d’entrée à Sebta et Melilla continuent de circuler sur les réseaux sociaux.

poup

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