PJD: Benkirane relance la polémique sur les événements de Sebta
Abdelilah Benkirane est revenu, samedi à Nador, sur les événements de Sebta du 30 juillet, qu’il a qualifiés de « danger pour l’État ». L’ancien chef du gouvernement a également défendu sa manière d’interpeller le Roi, en affirmant ne pas avoir reçu de réponse à sa demande d’éclaircissements.

Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement, Abdelilah Benkirane, est revenu samedi à Nador sur les événements survenus à Sebta le 30 juillet dernier, en les qualifiant de « danger pour l’État ». Lors d’un meeting politique, l’ancien chef du gouvernement a dit avoir été profondément affecté par ce qui s’est produit le jour de la Fête du Trône.
Abdelilah Benkirane a expliqué avoir demandé au Roi des éclaircissements afin de savoir ce qui s’était passé et s’il en avait eu connaissance. Il a affirmé que le souverain ne lui avait pas répondu, tout en assurant respecter le rang et la fonction royale.
L’ancien chef du gouvernement a répété que, selon lui, l’épisode du 30 juillet relevait d’un « danger pour l’État ». Il a indiqué que cette appréciation découlait de sa lecture de ce qui s’est produit ce jour-là.
Abdelilah Benkirane s’en est également pris aux réactions suscitées par ses précédentes déclarations sur le sujet. Il a dit ne pas avoir apprécié « tout le tapage » provoqué autour de ses propos et a promis d’y répondre au moment qu’il jugera approprié.
Dans le même registre, le secrétaire général du PJD a affirmé qu’il n’avait besoin de personne pour lui apprendre la manière de s’adresser au Roi. Il a ajouté que, dès lors que certains entendaient lui dicter cette conduite, « ce n’est plus un débat ».
Abdelilah Benkirane a ensuite insisté sur la nature de sa relation avec l’institution monarchique. Selon lui, ce lien n’est ni stratégique, ni tactique, ni intéressé, mais relève d’une conviction fondée sur l’allégeance.
Il a précisé que son parti était, sur ce point, parfaitement clair. Le chef du PJD a ainsi soutenu que cette allégeance ne peut être remise en cause que dans un cas strictement encadré par la référence religieuse qu’il a lui-même citée.
Dans son intervention, Abdelilah Benkirane a rappelé que le Roi est Amir Al Mouminine. Il a ajouté que l’hypothèse évoquée pour une rupture de l’allégeance ne se produirait jamais, selon ses termes.
L’ancien chef du gouvernement a aussi évoqué les tensions qui avaient entouré la monarchie durant le mouvement du 20 février 2011. Il a affirmé avoir été parmi les premiers à prendre position à ce moment-là.
Abdelilah Benkirane a enfin réaffirmé la ligne qu’il dit avoir défendue dans ce contexte, résumée par la formule « la réforme dans la stabilité ». Cette séquence s’inscrit dans une nouvelle prise de parole du dirigeant islamiste sur les événements de Sebta et sur son rapport à l’institution monarchique.




