lundi 31 août 2026    Marrakech
MAROC

Avocats: L’ABAM refuse tout amalgame avec une opposition à la monarchie

L’Association des barreaux du Maroc affirme que le désaccord des avocats porte uniquement sur certaines dispositions de la loi régissant la profession. Elle rejette toute lecture présentant cette position comme une contestation de l’institution monarchique.

El Mehdi Lamghari ·
Avocats: L’ABAM refuse tout amalgame avec une opposition à la monarchie

L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a réagi aux informations diffusées par certains médias étrangers au sujet du mouvement des avocats marocains. Dans un communiqué publié dimanche 30 août, son président, le bâtonnier Houssine Ziani, précise la portée du désaccord.

Selon l’Association, les réserves exprimées par les avocats concernent exclusivement certaines dispositions de la loi relative à la profession. Elles ne constituent pas une opposition à l’institution monarchique, insiste l’ABAM.

L’organisation refuse également que le Roi soit associé à un différend portant sur une loi professionnelle et sur les choix du gouvernement et du Parlement. Elle considère que ces questions relèvent du débat institutionnel.

Dans son communiqué, l’ABAM rappelle la place particulière qu’occupe le Roi auprès des avocats marocains et de l’ensemble du pays. Elle souligne aussi le rôle de l’institution monarchique dans l’unité, la stabilité et la souveraineté du Maroc.

Les avocats mettent en avant leur attachement historique au pays et au trône. Ils rappellent leur participation à la lutte pour l’indépendance, ainsi que leur engagement dans la défense des causes nationales et de l’intégrité territoriale.

L’Association cite également la contribution des avocats à la construction des institutions de l’État après l’indépendance. Elle s’appuie, à ce sujet, sur un message adressé par le défunt Roi Hassan II à un congrès international des avocats organisé à Marrakech en 1994.

Dans ce message, Hassan II avait décrit les avocats marocains comme une « école ancienne des valeurs nationales ». Il avait notamment rappelé leur rôle dans la libération du pays, la défense des causes nationales et la construction des institutions de l’État.

Pour l’ABAM, le désaccord actuel reste ainsi un débat marocain autour d’une loi et de choix législatifs. L’Association estime que les textes peuvent être discutés, modifiés et évalués dans le respect de la Constitution et des institutions de l’État.

Elle affirme par ailleurs que les avocats ne permettront pas que leurs positions professionnelles soient utilisées contre le Maroc ou ses institutions. Cette mise au point vise à dissocier le débat sur la profession de toute lecture mettant en cause les constantes du pays.

« Nous sommes en désaccord sous le toit de la patrie », affirme l’Association, tout en réaffirmant l’attachement des avocats au Roi Mohammed VI et aux constantes nationales. Le communiqué place ainsi le différend sur le terrain professionnel et législatif.

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