Rapport OSAC: le Maroc salué sur la sécurité, l’aviation et le rail
Le rapport 2026 de l’OSAC, organisme relevant du département d’État américain, dresse plusieurs constats favorables sur le Maroc, de la baisse de la criminalité violente à la conformité de l’aviation civile. Le document maintient toutefois des réserves sur Casablanca, la sécurité routière et la corruption.

Le rapport 2026 du Conseil consultatif de sécurité à l’étranger (OSAC), organisme relevant du département d’État américain, met en avant une série d’indicateurs favorables sur le Maroc. Le document, destiné à compléter l’avis américain aux voyageurs, souligne notamment le recul de la criminalité violente, l’efficacité attribuée au dispositif antiterroriste et la conformité de l’aviation marocaine aux normes internationales.
S’agissant de la délinquance, l’OSAC s’appuie sur des données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) pour relever une baisse de 10 % de la criminalité violente en 2024. Le rapport mentionne aussi des reculs de 24 % des vols sous la menace, de 20 % des vols de véhicules, de 12 % des vols avec violence et de 10 % des cambriolages.
Le document américain relève en outre un taux d’élucidation des affaires pénales de 95 %. Il juge également favorablement la réponse policière lorsque des ressortissants étrangers signalent avoir été victimes d’une infraction, en indiquant que la police répond « généralement efficacement » et que les auteurs présumés sont fréquemment interpellés lorsque les faits sont rapportés rapidement.
L’appréciation est particulièrement positive sur le front antiterroriste. L’OSAC décrit une stratégie marocaine fondée sur une surveillance soutenue, la coopération régionale et internationale ainsi que la prévention de la radicalisation, tout en rappelant qu’aucun attentat terroriste majeur n’a frappé le pays depuis 2011.
Les services de sécurité marocains sont jugés « généralement proactifs et efficaces » dans l’identification et la neutralisation d’individus ou de cellules susceptibles de préparer des actes terroristes. L’OSAC cite notamment le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) et rappelle qu’en 2025, la DGSN avait déféré vingt et une personnes devant le parquet compétent pour leur implication présumée dans des infractions terroristes.
Le rapport insiste aussi sur le niveau de formation des forces de l’ordre. Les policiers marocains y sont décrits comme « bien formés », plusieurs d’entre eux ayant suivi des programmes internationaux, tandis que la coopération entre la DGSN, la Gendarmerie royale et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) est mise en avant dans les enquêtes.
Dans le domaine aérien, l’OSAC retient un constat très favorable. Le Maroc compte vingt-huit aéroports civils, dont seize assurant des liaisons internationales, et ses aéroports internationaux satisfont, selon un audit récent cité par le document, aux normes de sûreté et de sécurité de l’Organisation de l’aviation civile internationale.
Les autorités américaines spécialisées portent une appréciation comparable sur la supervision de l’aviation civile marocaine. Le département de la sécurité intérieure, l’Administration de la sécurité des transports et l’Administration fédérale de l’aviation jugent l’autorité marocaine « conforme aux normes » de l’OACI pour les transporteurs opérant depuis l’aéroport Mohammed-V de Casablanca vers les États-Unis.
La sécurité maritime et le réseau ferroviaire figurent également parmi les points positifs de l’évaluation. L’OSAC indique que les ports marocains répondent aux standards internationaux de sûreté et de sécurité, tandis que le réseau interurbain est présenté comme « étendu et fiable », avec en outre des réseaux de tramway à Casablanca et Rabat.
Le document relève par ailleurs que plusieurs indicateurs de risque employés par le département d’État ne sont pas attribués au Maroc. Le pays ne porte notamment pas l’indicateur « K » relatif au risque d’enlèvement, qualifié d’« historiquement faible », ni d’indicateur spécifique pour détention abusive, troubles civils, santé ou catastrophe naturelle.
Sur le volet sanitaire, le rapport mentionne aussi plusieurs éléments favorables. Plus de 80 % de la population aurait accès à une eau du robinet traitée et contrôlée conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé, tandis que Rabat et Casablanca disposent d’établissements capables de traiter la plupart des pathologies courantes et d’assurer des soins d’urgence traumatologique.
Les réserves américaines apparaissent toutefois nettement sur plusieurs points. Le département d’État classe Casablanca comme une zone de menace élevée et Rabat comme une zone de menace moyenne pour la criminalité susceptible d’affecter les intérêts officiels américains, en citant surtout les vols à la tire, les vols dans les véhicules, les arrachages de sacs et les cambriolages dans les sites touristiques, marchés, médinas et lieux très fréquentés.
La menace terroriste reste, elle, classée au niveau moyen à Casablanca comme à Rabat. Le département d’État maintient l’indicateur « T » pour le Maroc et estime que des groupes terroristes continuent d’envisager de possibles attaques, en particulier contre des lieux fréquentés par des Américains ou d’autres étrangers.
Le rapport revient aussi sur le terrain politique et les risques de circulation. Il rappelle les manifestations de jeunes organisées sous la bannière « GenZ212 » en septembre et octobre 2025, lors desquelles plus de 400 personnes avaient été interpellées, et souligne qu’en moyenne plus de onze personnes meurent chaque jour sur les routes marocaines, avec un taux de mortalité routière estimé à environ deux fois celui des États-Unis.
L’OSAC formule également des réserves sur certains transports urbains, en relevant que Heetch et Careem ne disposent pas de l’autorisation requise par le droit marocain et en signalant des confrontations ponctuelles avec des chauffeurs de taxi. Le document cite enfin la corruption comme un « problème persistant », tout en mentionnant les fraudes aux cartes bancaires, les escroqueries sentimentales à dimension financière et la persistance de produits contrefaits.




