Ceuta: le Maroc déjoue une nouvelle tentative de passage collectif
Les forces de sécurité marocaines ont empêché, samedi 15 août, plusieurs centaines de migrants de gagner les abords de Ceuta depuis Fnideq. Rabat avait annoncé en amont un dispositif renforcé après la diffusion d'appels anonymes à des passages collectifs.

Les forces de sécurité marocaines ont déjoué, samedi 15 août, une nouvelle tentative de passage irrégulier vers Ceuta impliquant plusieurs centaines de migrants, en majorité originaires d’Afrique subsaharienne, selon des sources sécuritaires marocaines citées par l’agence EFE. Les candidats au franchissement s’étaient dissimulés dans une zone montagneuse à la périphérie de Fnideq avant d’être repérés puis dispersés.
Les premières approches de la frontière ont commencé vers 6 heures, d’après des constatations rapportées sur place par El País. Les unités marocaines déployées dans le secteur ont contenu plusieurs centaines de personnes qui tentaient de gagner Bab Sebta et les abords du Tarajal, sans qu’aucun groupe ne parvienne à atteindre le point de passage.
À la mi-journée, aucun rassemblement comparable à celui observé les 30 et 31 juillet n’avait été constaté du côté marocain. Le trafic frontalier demeurait, dans le même temps, calme, signe que le dispositif mis en place a empêché la formation d’un mouvement de masse aux abords immédiats de l’enclave.
Le ministère de l’Intérieur avait annoncé trois jours auparavant avoir pris les dispositions nécessaires pour empêcher toute tentative collective signalée pour cette date. Cette alerte faisait suite à la circulation de publications et de messages anonymes appelant à des passages collectifs vers Ceuta et Melilla le 15 août.
Dès mercredi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, avait assuré que «toutes les mesures nécessaires ont été prises pour contrer toute tentative de passage illégal et intercepter toute personne cherchant à y participer». Il avait également précisé que des procédures judiciaires seraient engagées contre les auteurs ou relais de ces appels.
Le dispositif marocain a été déployé bien au-delà de la ligne frontalière. Des contrôles ont été établis sur les axes menant vers Fnideq et dans plusieurs villes du royaume afin d’identifier les groupes susceptibles de se diriger vers le Nord.
Des voyageurs ont ainsi été empêchés d’emprunter des trains ou des autocars depuis Casablanca, Fès et Kénitra. Aux abords de Bab Sebta, policiers, gendarmes, forces auxiliaires et militaires ont pris position sur les voies d’accès, les plages et les reliefs voisins, avec l’appui d’unités maritimes.
Le déploiement a pris une ampleur particulière dans les environs de Fnideq, où des agents ont été positionnés à intervalles rapprochés le long du littoral et des principales voies d’accès. Des clôtures supplémentaires ont aussi été installées jusque dans les secteurs proches de la mer, tandis que des unités antiémeutes, des véhicules spécialisés et des bâtiments de la Marine royale surveillaient les points sensibles.
Les autorités marocaines avaient également soumis à une enquête judiciaire, sous la supervision du parquet compétent, plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à cette campagne d’incitation. Le ministère avait averti que les messages diffusés en ligne faisaient courir «de sérieux risques pour la sécurité des personnes» et rappelé que l’incitation à la migration irrégulière est punie par la loi marocaine.
Du côté espagnol, Madrid a envoyé plus de 500 policiers supplémentaires depuis la péninsule et renforcé la présence de la garde civile et de l’armée autour du Tarajal. Une barrière maritime a également été installée après les passages enregistrés à la fin juillet.
Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait indiqué jeudi que les effectifs nécessaires resteraient sur place afin d’éviter une répétition des événements du 30 juillet. Cet épisode avait conduit Rabat à réclamer à Madrid l’accélération du retour des mineurs marocains non accompagnés encore présents dans la ville, tout en rappelant que la lutte contre la migration irrégulière relève d’une «responsabilité partagée» entre les deux pays.




