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Feux de forêt: les FAR misent sur une flotte aérienne de 25 appareils

Les Forces armées royales occupent une place centrale dans le dispositif national de lutte contre les incendies de forêt. Leur intervention repose sur une flotte aérienne dédiée, mobilisée aux côtés de la Gendarmerie royale, de la Protection civile et des services forestiers.

La Rédaction ·
Feux de forêt: les FAR misent sur une flotte aérienne de 25 appareils

Les Forces armées royales jouent un rôle central dans le dispositif national de lutte contre les feux de forêt, à travers la mobilisation de moyens aériens et terrestres coordonnés avec les autres intervenants publics. Ce dispositif s’inscrit dans un plan national anticipatif associant notamment la Gendarmerie royale, les Forces auxiliaires, la Protection civile, les autorités locales, l’Agence nationale des eaux et forêts, la Direction générale de la météorologie et le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers.

La composante aérienne repose en premier lieu sur une flotte relevant des Forces royales air, composée de huit Canadair CL-415 et de 15 avions Turbo Thrush. À cet ensemble s’ajoutent deux hélicoptères de lutte contre les incendies de type EC225 Super Puma relevant de la Gendarmerie royale.

Les avions Canadair, basés à la troisième base aérienne de Kénitra, assurent une part essentielle des opérations d’extinction aérienne. Leur engagement s’effectue selon une classification nationale des feux en quatre niveaux, qui détermine la nature et l’intensité de la riposte.

Au premier niveau, l’intervention repose sur les équipes terrestres chargées de contenir le sinistre. Les moyens aériens, en particulier les Canadair, sont engagés à partir des incendies classés au deuxième niveau, tandis que le troisième niveau implique la mobilisation des unités aériennes de la Gendarmerie royale.

Le quatrième niveau ouvre, si nécessaire, la possibilité de solliciter une assistance internationale. L’objectif affiché reste la protection des vies humaines, des biens et du patrimoine forestier, dans un contexte où la rapidité d’intervention conditionne largement la maîtrise des flammes.

Le commandant de l’escadron de lutte contre les incendies de la troisième base aérienne de Kénitra, le lieutenant-colonel Badr Bourassi, a indiqué que la mission prioritaire de cette unité consiste à protéger les forêts, les populations et les biens. Il a insisté sur la nécessité d’une intervention rapide et efficace dès le déclenchement d’un feu, dans le cadre d’une coordination permanente entre les acteurs centraux et de terrain.

Selon lui, l’efficacité du dispositif repose sur la disponibilité continue des équipages et des techniciens, ainsi que sur la forte cohésion entre pilotes, mécaniciens et équipes engagées au sol. Il a également souligné que l’escadron participe chaque année à la campagne nationale de lutte contre les feux de forêt et a déjà été mobilisé à l’étranger dans le cadre de coopérations avec des pays amis.

Le commandant de bord Anas Belhaj a, pour sa part, mis en avant les capacités du Canadair, un avion amphibie spécialisé capable d’amerrir sur la mer, les barrages ou les lacs afin de se réapprovisionner directement en eau. D’après lui, cette opération dure environ 12 secondes et permet d’embarquer plus de 6 000 litres avant un largage immédiat sur le foyer.

Il a ajouté que l’appareil a été conçu pour intervenir dans des conditions difficiles, notamment en zones montagneuses et dans les forêts accidentées difficilement accessibles par d’autres moyens. L’équipage se compose de deux pilotes, appelés à travailler en coordination étroite afin d’assurer la sécurité et l’efficacité de chaque mission.

Du côté de la Gendarmerie royale, l’adjudant Afchko Fatima Zahra a indiqué que les hélicoptères Super Puma ont été équipés d’un système moderne d’extinction. Celui-ci comprend un réservoir monté sous l’appareil, d’une capacité d’environ 2 500 litres d’eau ou de produit retardant, avec une possibilité de remplissage en 20 secondes depuis un lac, un barrage ou tout point d’eau proche.

Le pilote Mohamed Diba a, de son côté, présenté le Turbo Thrush comme un avion spécialisé dans la lutte contre les feux de forêt, doté d’un réservoir d’une capacité allant de 2 000 à 2 500 litres. Son autonomie pourrait atteindre quatre heures et demie de vol, alors que les opérations de largage exigent, selon lui, un équilibre constant entre rapidité d’action et impératifs de sécurité.

Cette préparation s’appuie également sur une maintenance préventive et périodique. En dehors de la saison des incendies, les appareils font l’objet d’opérations lourdes de plusieurs mois portant sur les trains d’atterrissage, les réservoirs d’eau, les moteurs et les systèmes électroniques, afin de préserver leur disponibilité opérationnelle malgré les effets de l’eau de mer et de la fumée.

Le commandant de la base aérienne du soutien général des Forces royales air, le colonel-major Rachid Aqqaoui, a affirmé que l’expertise acquise dans la grande maintenance des Canadair permet désormais de remettre les appareils en service dans un état pleinement opérationnel, « avec le respect strict des plus hauts standards de navigabilité et de sécurité aérienne ». Il a assuré que cette capacité repose sur des compétences nationales « à 100 % » et contribue à réduire l’immobilisation des avions tout en renforçant la souveraineté nationale dans la maintenance aéronautique lourde.

La technicienne de la chaîne électronique des Canadair, l’adjudant-chef Jmouâa Rahma, a précisé que cette maintenance comprend la réhabilitation des équipements avioniques et des réseaux de câblage électrique. Ces opérations portent sur l’inspection des appareils électroniques, la réparation ou le remplacement des composants défectueux et la vérification des connexions, afin d’améliorer la fiabilité des systèmes et le niveau de sécurité en vol.

Le directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts, Abderrahim Houmy, a enfin indiqué que le Royaume a mobilisé d’importants moyens humains et techniques. Il a fait état de plus de 2 800 observateurs et gardes forestiers déployés dans les différentes régions pour assurer la surveillance et l’alerte précoce, en complément d’un dispositif terrestre composé de véhicules de première intervention, de camions de la Protection civile et d’unités spécialisées opérant sous commandement unifié. Sources: Barlamane FR.

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