Liquidité bancaire: le déficit moyen se creuse à 137,3 milliards de DH
Le déficit de liquidité bancaire moyen a atteint 137,3 milliards de dirhams sur la semaine du 6 au 13 août, en hausse de 2,24 %, selon BKGR. La société de recherche anticipe désormais un relèvement des injections de Bank Al-Maghrib pour soutenir les besoins de financement des banques.

Le déficit de liquidité bancaire moyen s’est creusé à 137,3 milliards de dirhams durant la semaine du 6 au 13 août, en progression de 2,24 %, selon la dernière note hebdomadaire de BMCE Capital Global Research. Cette aggravation intervient dans un contexte de tensions persistantes sur la liquidité et d’activité toujours mesurée sur le marché primaire des bons du Trésor.
Dans son point consacré aux marchés financiers, BKGR relève un renforcement des tensions sur le marché monétaire, une évolution contrastée sur le compartiment secondaire des bons du Trésor et une probable hausse des interventions de Bank Al-Maghrib. L’analyse met ainsi en avant des besoins de financement bancaire toujours soutenus.
Dans le détail, les avances à 7 jours de la Banque centrale ont reculé de 4,5 milliards de dirhams pour s’établir à 49,4 milliards de dirhams. En parallèle, les placements du Trésor ont augmenté, avec un encours quotidien maximal de 13,5 milliards de dirhams contre 9,6 milliards de dirhams une semaine plus tôt.
Sur les taux, le Taux moyen pondéré est resté stable à 2,250 %. Le MONIA a, pour sa part, progressé à 2,181 %, traduisant une légère évolution des conditions du marché monétaire au cours de la période sous revue.
Sur le marché primaire, la dernière adjudication du Trésor s’est soldée par une levée globale de 2,5 milliards de dirhams, soit 45 % du montant initialement proposé, qui s’élevait à 5,6 milliards de dirhams. Les levées ont porté sur les maturités 26 semaines et 5 ans.
Les taux limites sont ressortis à 2,1600 % sur la ligne 26 semaines et à 2,9575 % sur la ligne 5 ans. Cette opération a entraîné une hausse du taux primaire du 5 ans de 1,3 point de base, selon la même source.
Le marché secondaire des bons du Trésor a, lui, évolué de manière contrastée, malgré une orientation globale dans le vert. Des hausses ont été observées sur les maturités moyen et long terme, notamment le 2 ans, le 5 ans et le 10 ans.
Ces maturités ont enregistré des progressions respectives de 1,37 point de base, 1,51 point de base et 1,22 point de base. À l’inverse, les lignes courtes de 26 semaines et 52 semaines ont reculé de 5,61 points de base et 4,32 points de base.
Pour la prochaine période, BKGR anticipe une augmentation du rythme des interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire. Le volume des avances à 7 jours est ainsi attendu à 55 milliards de dirhams, contre 49,4 milliards de dirhams précédemment.
La société de recherche estime par ailleurs que le Trésor devrait poursuivre une gestion sélective de ses levées afin de limiter les pressions sur la courbe primaire. Cette stratégie serait favorisée par un besoin de financement jugé toujours contenu en août et par une trésorerie considérée comme confortable.
Dans un contexte d’attentisme des investisseurs et d’anticipations de statu quo monétaire prolongé, les taux devraient évoluer dans une configuration globalement stable à court terme. BKGR juge toutefois que la détente sur les maturités courtes pourrait rester limitée, tandis que les maturités intermédiaires demeureraient davantage sous pression, avec une stabilisation progressive envisageable d’ici à fin septembre.




