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Dessalement: Séoul cible un marché marocain encore sans contrat identifié

Une étude de la KOTRA place le dessalement marocain parmi les priorités de prospection des industriels sud-coréens. Elle met en avant un besoin encore important de capacités nouvelles, sans signaler à ce stade de nouveau marché coréen attribué.

La Rédaction · · Mis à jour
Dessalement: Séoul cible un marché marocain encore sans contrat identifié

Le marché marocain du dessalement figure désormais parmi les priorités de prospection recommandées aux industriels sud-coréens, selon une étude de l’Agence coréenne de promotion du commerce et de l’investissement, reprise mardi 11 août par le Centre mondial d’information sur l’industrie de l’eau. Le document souligne l’ampleur des besoins à couvrir, mais ne fait état d’aucun nouveau marché coréen déjà attribué au Maroc.

La note évalue entre 785 millions et 815 millions de mètres cubes par an le volume encore à créer pour porter la production nationale à 1,7 milliard de mètres cubes en 2030. Elle recense dix-sept stations en service, pour une production proche de 350 millions de mètres cubes par an, ainsi que des installations en chantier représentant environ 560 millions.

Selon cette même étude, l’ensemble des capacités déjà engagées se situe entre 880 millions et 915 millions de mètres cubes, soit environ la moitié de l’objectif affiché pour 2030. Les auteurs préviennent toutefois que certaines données liées au groupe OCP pourraient déjà être incluses dans le décompte national.

Un relevé indépendant de Reuters avait, de son côté, comptabilisé 345 millions de mètres cubes en service et quatre usines en construction, appelées à ajouter 540 millions de mètres cubes supplémentaires d’ici à 2027. Le même relevé attribuait au Royaume l’objectif de tirer 60 % de son eau potable du dessalement en 2030, contre 25 % en 2025.

La présence sud-coréenne existe déjà sur le segment des équipements. LG Chem avait annoncé, le 21 mars 2024, la fourniture de 18 000 membranes d’osmose inverse au complexe phosphatier de Jorf Lasfar, avec une livraison échelonnée jusqu’en mai de la même année.

D’après le communiqué publié à Séoul, ces équipements devaient permettre de traiter 246 millions de litres d’eau de mer par jour, soit près de 90 millions de mètres cubes par an. L’eau produite devait être affectée à la fabrication d’engrais ainsi qu’à l’alimentation des populations d’El Jadida et de Safi.

LG Water Solutions indique par ailleurs avoir fourni, depuis 2022, des membranes aux unités de Jorf Lasfar et de Safi via plusieurs maîtres d’œuvre internationaux. Cette présence reste toutefois limitée à la fourniture d’équipements, et non à une concession, à un marché de construction intégral ou à l’exploitation d’une usine.

La KOTRA recommande désormais une approche plus structurée, associant groupes d’ingénierie, fabricants de membranes, de pompes, de conduites, de vannes et de systèmes de récupération d’énergie aux organismes coréens de crédit-export. Elle estime qu’une offre crédible devrait reposer « sur un consortium local et un paquet financier », plutôt que sur la seule vente de matériel.

La note répartit le marché entre deux guichets. L’ONEE est présenté comme l’acheteur des grands projets urbains concédés sur plusieurs décennies, tandis qu’OCP Green Water serait susceptible de commander plus rapidement des membranes, des pompes ou des unités de traitement pour des sites industriels.

À court terme, les auteurs ciblent ainsi les achats de pièces et d’équipements d’OCP Green Water. À moyen terme, ils désignent le futur complexe de Souss-Massa comme le principal marché de grande taille, avant de pointer plus loin les sociétés régionales multiservices pour les compteurs intelligents, la détection des fuites, le contrôle de la qualité et les systèmes SCADA.

Le document ne nomme pourtant ni chef de file coréen, ni banque engagée, ni candidature déjà déposée. Il rapporte en outre, sans joindre la décision d’attribution, que le chinois Shanghai Electric aurait été retenu pour un lot de membranes à Safi, signe d’une concurrence asiatique déjà installée.

Parmi les grands projets cités, Sidi Rahal, au sud de Casablanca, apparaît comme le chantier le plus avancé, avec une capacité finale annoncée de 300 millions de mètres cubes par an. Près de Rabat, Veolia a signé un protocole pour une usine de 300 millions de mètres cubes, mais sans contrat définitif à ce stade, tandis que le projet de Souss-Massa est évoqué à 350 millions de mètres cubes par an, avec une consultation dont la publication effective resterait à vérifier.

La note cite aussi l’extension de Chtouka, à Agadir, la plateforme de Dakhla portée par DAWEC, ainsi que les infrastructures industrielles d’OCP Green Water, financées notamment par l’IFC et la BERD. Elle refuse cependant d’additionner mécaniquement ces actifs aux dix-sept stations du total national, faute de ventilation publique entre eau industrielle, eau potable et réutilisation.

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