Aya Gold & Silver: résultats sous les attentes malgré un bond de la production
Le groupe minier canadien Aya Gold & Silver a publié des résultats trimestriels inférieurs aux prévisions du marché, malgré une forte hausse de sa production et de ses indicateurs d’exploitation. La direction attribue l’écart à un décalage des ventes vers juillet, plutôt qu’à un problème opérationnel.

Aya Gold & Silver a publié jeudi 13 août des résultats du deuxième trimestre 2026 inférieurs aux attentes du marché. Le groupe a fait état d’un bénéfice ajusté par action de 0,23 dollar, contre 0,3855 dollar anticipé, et d’un chiffre d’affaires de 96,79 millions de dollars, alors que le consensus visait 121 millions.
La réaction boursière a été immédiate. Après la clôture, le titre a cédé 3,34 % à 36,19 dollars, contre 37,44 dollars la veille, tout en restant proche du haut d’une fourchette annuelle comprise entre 11,45 et 40,16 dollars.
Selon la direction, cet écart tient davantage au calendrier des ventes qu’à la conduite des opérations minières. Le prix de l’argent a fléchi en fin de trimestre et une partie des stocks n’a été écoulée qu’en juillet, ce qui a pesé sur les revenus comptabilisés entre avril et juin.
Le directeur financier, Ugo Landry-Tolszczuk, a ainsi indiqué que « le reliquat des stocks détenus à Zgounder a été vendu en juillet », estimant par ailleurs que « les choses se déroulent très, très bien ». La société met donc en avant un décalage commercial plutôt qu’une contre-performance industrielle.
Les indicateurs d’exploitation ressortent en effet en nette progression. La production consolidée a atteint 1,68 million d’onces d’équivalent argent, en hausse de 61 % sur un an et de 12 % par rapport au trimestre précédent.
Le revenu ressort à 97 millions de dollars selon les comptes de la société, en progression de 151 % sur un an. Aya Gold & Silver a également dégagé un bénéfice net de 35 millions de dollars et un flux de trésorerie d’exploitation de 48 millions, soit plus de six fois son niveau d’il y a un an.
Le prix net moyen réalisé s’est élevé à 64,22 dollars l’once d’équivalent argent, en hausse de 90 % sur un an. La capitalisation boursière du groupe atteint 3,73 milliards de dollars et l’action se négocie à 44,25 fois les bénéfices.
Au Maroc, la mine d’argent de Zgounder, principal actif du groupe, a tourné au-delà de sa capacité nominale. Le site a affiché un rythme moyen d’extraction de 4 880 tonnes par jour et un rythme de traitement de 3 889 tonnes, deux records trimestriels pour une usine initialement dimensionnée à 2 700 tonnes quotidiennes.
La production argentifère de Zgounder a atteint 1,49 million d’onces, en hausse de 43 % sur un an. À Boumadine, la reprise du stock historique de pyrite, engagée à la fin de 2025, a livré 187 784 onces d’équivalent argent au deuxième trimestre, à partir de 17 153 tonnes de matériau repris.
Le projet polymétallique de Boumadine reste cependant au stade de l’exploration et de l’évaluation, précise la société. Cette reprise de stock devrait durer de vingt à vingt-quatre mois à compter de novembre 2025, tandis qu’une étude économique préliminaire actualisée est attendue au début du mois de septembre et qu’une étude de faisabilité complète est annoncée pour le premier semestre 2027.
Sur le premier semestre, la production cumulée s’élève à 3,2 millions d’onces d’équivalent argent, pour un chiffre d’affaires de 205 millions de dollars, un bénéfice net de 84 millions et un flux de trésorerie d’exploitation de 119 millions. « En six mois, nous avons généré 119 millions de dollars de flux de trésorerie d’exploitation », a relevé le président-directeur général, Benoît La Salle, disant aussi apprécier « le cours de l’argent » à son niveau actuel.
Les prévisions annuelles demeurent inchangées, avec une production attendue de 5,2 à 5,8 millions d’onces d’équivalent argent à Zgounder et d’un million d’onces à Boumadine. Le groupe prévoit aussi l’installation d’un concasseur tertiaire à Zgounder, la mise en service d’un trieur de minerai à l’automne et le lancement des premiers travaux préparatoires à Boumadine avant la fin de 2026.
La direction a par ailleurs estimé l’approvisionnement en eau assuré à court terme après une saison humide abondante. Aya Gold & Silver reste toutefois exposé à la volatilité du prix de l’argent, au décalage entre production et ventes, à la hausse attendue du ratio de découverture au second semestre ainsi qu’aux aléas saisonniers au Maroc.
Coté à la Bourse de Toronto et, depuis le 4 mai 2026, au Nasdaq, le groupe a intégré le 16 juin l’indice VanEck Gold Miners. Il a aussi annoncé le 6 août l’acquisition d’un portefeuille de trois licences minières et de dix-huit permis d’exploration couvrant environ 259 kilomètres carrés au Maroc, répartis entre Zagora, Agadir-Melloul et Goulmim.




