Des scientifiques identifient l’ingrédient secret des peintures des grands maîtres

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Alors que des traces de protéines avaient déjà été retrouvées par le passé dans des toiles de maître, une nouvelle étude vient préciser d’où elles pourraient provenir.

Les grands maîtres pourraient avoir utilisé des protéines, notamment du jaune d’œuf, dans leurs peintures à l’huile

Une récente étude menée par Ophélie Ranquet de l’Institut de technologie de Karlsruhe en Allemagne, publiée dans la revue Nature Communications le 28 mars, révèle que des artistes tels que Léonard de Vinci, Sandro Botticelli ou Rembrandt auraient pu utiliser des protéines, en particulier du jaune d’œuf, dans leurs peintures à l’huile. Même si les traces de résidus protéiques ont été détectées dans les peintures à l’huile classiques depuis longtemps, elles étaient souvent attribuées à une contamination extérieure.

Selon l’étude, cette inclusion de protéines dans les peintures était probablement intentionnelle et révèle les connaissances techniques avancées des anciens maîtres de la peinture des 16e, 17e et 18e siècles dans la préparation de leurs couleurs. Ophélie Ranquet a expliqué, lors d’un entretien avec CNN, que « nos résultats montrent qu’avec même une très petite quantité de jaune d’œuf, on peut obtenir une modification étonnante des propriétés de la peinture à l’huile, ce qui prouve qu’elle a pu être bénéfique pour les artistes ».

Il s’est avéré que l’ajout de jaune d’œuf aux couleurs pouvait avoir des effets durables au-delà de l’aspect esthétique. La peinture à l’huile, qui permet de créer des couleurs intenses et qui peut être utilisée plusieurs jours après sa préparation, présente  l’inconvénient d’être plus sensible à l’assombrissement des couleurs et aux dommages causés par l’exposition à la lumière.

La présence du jaune d’œuf dans la peinture à l’huile, ou son absence, peut être observée dans la « Madone à l’œillet » de Léonard de Vinci, l’une des peintures observées au cours de l’étude. Actuellement exposée à l’Alte Pinakothek de Munich, en Allemagne, l’œuvre présente des rides évidentes sur le visage de Marie et de l’enfant. « La peinture à l’huile commence à sécher à partir de la surface, ce qui explique les rides », a souligné Ophélie Ranquet. L’étude a montré que cet effet pouvait être évité par l’ajout de jaune d’œuf : « C’est assez étonnant parce que vous avez la même quantité de pigments dans votre peinture, mais la présence du jaune d’œuf change tout », poursuit la scientifique.

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