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Distribution pharmaceutique: Inquiétudes au Maroc

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Le système de distribution du médicament au Maroc fait face à des fragilités économiques croissantes. Dans un avis publié mardi, le Conseil de la concurrence met en lumière les tensions qui affectent à la fois les grossistes-répartiteurs et les pharmacies d’officine, appelant à une évolution progressive du modèle de distribution pour garantir sa viabilité.

Cet avis est le résultat d’une étude approfondie menée auprès de l’ensemble des acteurs du secteur pharmaceutique. Au total, 36 auditions ont été réalisées auprès d’institutions publiques, de professionnels du secteur et d’associations de consommateurs.

Un secteur important mais sous pression

Selon les données du Conseil, le marché du médicament au Maroc a généré en 2024 un chiffre d’affaires d’environ 25,9 milliards de dirhams. Les importations ont atteint 10,6 milliards de dirhams, contre 1,6 milliard de dirhams d’exportations.

Le pays compte 56 établissements pharmaceutiques industriels, 66 grossistes-répartiteurs et plus de 14.000 pharmacies.

Les médicaments génériques occupent une place importante sur le marché, représentant 56 % des unités vendues et près de la moitié de la valeur du marché privé.

Des grossistes confrontés à un modèle économique fragile

Le Conseil de la concurrence souligne que la situation financière des grossistes-répartiteurs devient de plus en plus difficile. Leur rémunération repose principalement sur une marge réglementée calculée en pourcentage du prix du médicament, un système jugé de moins en moins adapté à l’évolution des coûts logistiques et opérationnels.

La rentabilité des grossistes a ainsi diminué ces dernières années. Le ratio résultat net sur chiffre d’affaires est passé de 1,3 % en 2016 à environ 0,9 % en 2024, malgré une augmentation des volumes d’activité.

Cette baisse s’explique notamment par la hausse des coûts d’exploitation, qui ont augmenté d’environ 36 % entre 2020 et 2024, en raison notamment de l’augmentation des coûts de transport, du carburant et des salaires.

Des pharmacies nombreuses mais économiquement fragiles

Les pharmacies d’officine font également face à des pressions économiques. Le Maroc compte aujourd’hui plus de 14.000 pharmacies, contre environ 9.000 en 2015, ce qui représente une augmentation de plus de 50 % en moins de dix ans.

Cette forte croissance a entraîné une densité élevée de pharmacies, avec environ une pharmacie pour 2.600 habitants, soit près du double des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

La majorité des officines réalisent des volumes d’activité limités : près de 70 % des pharmacies enregistrent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 1,2 million de dirhams.

Vers une évolution du modèle pharmaceutique

Face à ces difficultés, le Conseil de la concurrence recommande une transformation progressive du modèle de distribution du médicament.

Dans plusieurs pays européens, les pharmacies tirent désormais une part importante de leurs revenus de services pharmaceutiques, comme le suivi des patients chroniques, la vaccination, le dépistage ou les actions de prévention.

Le Conseil suggère également de renforcer la coopération entre pharmacies et de développer de nouvelles sources de revenus, afin d’assurer la viabilité économique du secteur tout en garantissant l’accès aux médicaments pour la population.

poup

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