La Fédération des associations des jeunes avocats du Maroc a exprimé son rejet du projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat, adopté par la Chambre des conseillers.
Dans un communiqué, la Fédération estime que la version actuelle du texte ne répond pas aux attentes des professionnels et remet en cause plusieurs garanties essentielles liées à l’indépendance de la profession.
Selon les jeunes avocats, certaines dispositions pourraient porter atteinte à l’autonomie des instances professionnelles, à la gouvernance des barreaux, ainsi qu’à plusieurs acquis obtenus par la profession au fil des années.
La Fédération critique également l’absence de plusieurs revendications portées par les avocats, notamment l’élargissement des champs d’exercice, le renforcement des garanties d’indépendance, la lutte contre la concurrence jugée déloyale et la révision des conditions d’accès à la profession.
Les jeunes praticiens se disent particulièrement préoccupés par les dispositions qui concernent leur représentativité au sein des institutions professionnelles. Ils estiment que certaines mesures pourraient limiter leur participation à la gestion des affaires de la profession et réduire leur poids dans les processus de décision.
Face à cette situation, la Fédération annonce la préparation d’un programme de mobilisation. Celui-ci pourrait comprendre des sit-in, des rassemblements et d’autres formes de protestation, dont les détails seront annoncés ultérieurement.
Cette contestation intervient après l’adoption du projet de loi par 22 conseillers parlementaires, contre 6 voix opposées, lors d’une séance marquée par une faible participation.
Défendu par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, le texte prévoit plusieurs nouveautés, dont l’instauration d’un concours pour l’accès à la profession, la création d’un parcours de formation dans un institut spécialisé, une période de stage de deux ans, ainsi que de nouvelles mesures liées à la protection de la défense.
Le projet prévoit également le renforcement de la représentation des femmes dans les instances professionnelles et la limitation du mandat du bâtonnier à un seul mandat non renouvelable. Malgré son adoption, le texte continue de susciter de fortes réserves au sein d’une partie de la profession, notamment chez les jeunes avocats.





