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Chichaoua: un enseignant piégé et filmé à son insu

Un jeune enseignant de la région de Chichaoua a dénoncé un chantage exercé par son partenaire présumé, accusé de l’avoir filmé à son insu puis menacé de diffuser la vidéo. Les deux hommes ont finalement été déférés devant le parquet et poursuivis.

La Rédaction · · Mis à jour
Chichaoua: un enseignant piégé et filmé à son insu

Une affaire de chantage à la vidéo intime a conduit à l’interpellation de deux jeunes hommes dans la région de Chichaoua, après la plainte d’un enseignant qui affirmait être menacé par son partenaire présumé. Selon les éléments de l’enquête, le plaignant a dénoncé des demandes d’argent répétées appuyées par la menace de divulguer des images compromettantes.

D’après le récit présenté aux enquêteurs, les deux hommes entretenaient depuis plusieurs mois une relation tenue secrète. L’un d’eux, âgé de 24 ans, serait le partenaire d’un enseignant plus âgé de deux ans, en poste dans un établissement scolaire de la région.

Toujours selon la même version, le plus jeune aurait filmé, à l’aide de son téléphone portable et sans prévenir son compagnon, des moments relevant de leur intimité. Ces images auraient ensuite été conservées avant d’être utilisées comme moyen de pression.

Le dossier a basculé lorsque de l’argent, qui circulait entre les deux hommes, est venu à manquer. Le détenteur présumé de la vidéo aurait alors exigé de nouveaux versements, sous peine de révéler le contenu des images à l’entourage, à la famille et aux collègues de l’enseignant.

Terrifié par les conséquences d’une telle divulgation, le plaignant aurait d’abord cédé aux exigences financières. Le mis en cause lui aurait ensuite assuré avoir supprimé définitivement la vidéo de son appareil, avant que les menaces ne reprennent quelque temps plus tard avec une nouvelle demande d’argent.

Estimant qu’aucun paiement ne mettrait fin à cette pression, l’enseignant s’est finalement rendu à la Gendarmerie royale. Il y a relaté la relation, l’existence de la vidéo, les menaces répétées et l’argent qu’il disait avoir versé sous la contrainte.

Les gendarmes du Centre territorial de Sidi El Mokhtar ont alors ouvert l’enquête sous la supervision du procureur du Roi près le tribunal d’Imintanout. Après l’audition du plaignant, le suspect a été localisé puis interpellé lundi 3 août, et son téléphone a été saisi.

L’exploitation de cet appareil a constitué une pièce centrale de l’enquête. Les enquêteurs y ont retrouvé la vidéo présentée comme l’outil du chantage, malgré les assurances de suppression, ainsi que des messages de menace qui, selon les éléments recueillis, venaient étayer le récit de la victime.

L’analyse du téléphone aurait aussi fait apparaître un élément distinct, poussant le procureur du Roi à ordonner une enquête complémentaire et une nouvelle audition des deux jeunes hommes. Confronté aux preuves réunies, le suspect a fini par reconnaître les faits, notamment la relation et l’existence des échanges incriminés.

La procédure s’est ensuite accélérée avec le placement en garde à vue du mis en cause. Mercredi 5 août, les deux hommes ont été déférés devant le procureur du Roi en état d’arrestation.

Ils ont été poursuivis pour homosexualité, menace de divulgation d’informations diffamatoires, chantage et enregistrement d’une personne sans son consentement. L’affaire met en lumière l’usage de contenus intimes comme levier de pression dans un dossier où la procédure pénale s’est finalement retournée contre les deux protagonistes.

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