La Grande Mosquée de Paris célèbre, cette année, le centenaire de son inauguration. Située au cœur du Quartier latin, elle a été ouverte le 15 juillet 1926 en hommage aux soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale.
L’édifice, inauguré par le président français Gaston Doumergue et le sultan du Maroc Moulay Youssef, se distingue par son architecture hispano-mauresque. Son minaret de 33 mètres, ses patios, ses jardins et ses zelliges témoignent du savoir-faire d’artisans marocains ayant participé à sa construction.
Classée monument historique depuis 1983, la Grande Mosquée est aujourd’hui à la fois un lieu de culte, un site touristique et un symbole de la présence musulmane en France.
Selon l’historien Benjamin Stora, elle a également occupé une place importante dans les relations entre la France et le monde musulman. À l’époque coloniale, elle était notamment perçue comme un moyen d’encadrer et de surveiller les populations musulmanes installées en France.
Son rôle a évolué au fil des décennies. Durant la Seconde Guerre mondiale, la mosquée aurait aidé des Juifs persécutés sous l’Occupation allemande, notamment en leur fournissant des certificats attestant qu’ils étaient musulmans. Si le nombre exact de personnes sauvées reste difficile à établir, plusieurs témoignages confirment l’existence de cette aide.
Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, la Grande Mosquée de Paris est progressivement passée sous influence algérienne, en raison de l’importante présence de la communauté algérienne en France.
Cent ans après son inauguration, elle demeure un lieu chargé d’histoire, au croisement des relations entre la France, le Maroc et l’Algérie, mais aussi un symbole de dialogue entre les cultures et les religions.





