mercredi 16 septembre 2026    Marrakech
Presse Internationale

PFAS : L’ONU alerte sur une pollution qui persiste pendant des siècles

Face à la persistance des PFAS dans l’environnement et leurs risques pour la santé, deux experts de l’ONU appellent à renforcer rapidement la réglementation sur ces « polluants éternels ».

El Mehdi Lamghari ·
PFAS : L’ONU alerte sur une pollution qui persiste pendant des siècles

Deux experts indépendants de l’ONU ont alerté, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, sur les risques liés aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), communément appelées « polluants éternels ».

Ces substances chimiques de synthèse sont particulièrement persistantes dans l’environnement. Elles peuvent se déplacer sur de longues distances par l’air et l’eau et rester présentes dans les écosystèmes pendant plusieurs siècles. Selon les experts, les technologies actuelles ne permettent pas encore de traiter cette pollution à grande échelle.

Une contamination qui touche l’eau et la chaîne alimentaire

Les PFAS ne sont pas uniquement présents dans certaines zones industrielles. Ils peuvent également se retrouver dans des produits de consommation, dans la chaîne alimentaire et dans les réseaux d’eau potable.

Les experts de l’ONU soulignent notamment des risques liés à l’exposition à ces substances, notamment des perturbations du système hormonal, des effets sur le foie et le système immunitaire ainsi que des risques pour le développement des enfants.

Les PFAS peuvent également traverser le placenta et ont été détectés dans le sang du cordon ombilical et le lait maternel.

La contamination des ressources en eau constitue par ailleurs une préoccupation particulière. Pedro Arrojo-Agudo, Rapporteur spécial sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement, a appelé à renforcer l’identification et la cartographie des zones contaminées à travers le monde.

Vers une réglementation plus stricte

Les experts de l’ONU ont également mis en avant la dimension de justice environnementale liée à la pollution aux PFAS. Ces substances, principalement produites dans les pays industrialisés, peuvent se diffuser à l’échelle mondiale à travers les échanges commerciaux et les transferts de déchets.

Ils appellent ainsi les gouvernements à privilégier une approche préventive et à limiter rapidement les usages des PFAS qui ne répondent pas à des besoins essentiels.

Le rapport recommande également l’application du principe « pollueur-payeur » aux secteurs concernés, notamment l’industrie chimique, l’exploitation minière et certaines activités agricoles.

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