Nicolas Sarkozy: Le Maroc, « une grande puissance africaine »
Dans son livre « Le Temps des combats », l’ancien président français Nicolas Sarkozy livre une lecture très favorable de la relation avec le Maroc, appelant Paris à renforcer son partenariat avec Rabat tout en critiquant le « tropisme algérien » qu’il attribue à la politique d’Emmanuel Macron.

Dans Le Temps des combats, publié aux éditions Fayard en août 2023, l’ancien président français Nicolas Sarkozy consacre plusieurs passages aux relations entre la France, le Maroc et l’Algérie. Il y exprime une proximité particulière avec le Royaume, qu’il qualifie de « pays frère », tout en critiquant la politique menée par Emmanuel Macron à l’égard d’Alger.
Dans cet ouvrage consacré à son parcours politique et aux grands dossiers de ses dernières années à l’Élysée, Nicolas Sarkozy estime que la France doit considérer le Maroc comme un partenaire de premier plan. Il décrit le Royaume comme « un égal de la France » et comme « une grande puissance africaine », saluant notamment le développement de ses élites économiques, intellectuelles et culturelles.
Des éloges pour le roi Mohammed VI
L’ancien chef de l’État français porte également un regard très favorable sur le roi Mohammed VI. Il présente le Souverain comme un homme « de large culture » et d’une « finesse intellectuelle éblouissante », tout en soulignant son rôle dans l’évolution du Maroc depuis son accession au Trône.
Sarkozy insiste par ailleurs sur la sensibilité particulière de la relation entre la France et le Maroc. Il estime que les responsables français doivent tenir compte de l’importance du Roi dans le système politique et institutionnel marocain, notamment dans la manière d’aborder les questions protocolaires et diplomatiques.
L’ancien président décrit également les Marocains comme un peuple hospitalier et généreux, attaché à l’accueil, au partage et à la discussion. Il considère que le Maroc a réussi à s’ouvrir à la modernité tout en préservant ses traditions et son identité.
Sarkozy critique la politique algérienne de Macron
Une partie importante du chapitre consacré au Maghreb est consacrée à la politique française envers l’Algérie. Nicolas Sarkozy y critique ce qu’il qualifie de « tropisme algérien » d’Emmanuel Macron.
Selon lui, les efforts entrepris par Paris pour renforcer ses relations avec les dirigeants algériens risquent d’affaiblir la relation franco-marocaine. Il estime que cette stratégie pourrait conduire la France à perdre la confiance du Maroc sans pour autant obtenir celle de l’Algérie.
Sarkozy juge ainsi que les initiatives françaises visant à construire une relation privilégiée avec Alger sont, selon son analyse, vouées à l’échec. Il reproche également à ses deux successeurs, François Hollande et Emmanuel Macron, d’avoir, selon lui, « surjoué et surinvesti » la relation avec l’Algérie, contribuant à la dégradation des rapports entre Paris et Rabat.
Le Sahara au cœur de la relation franco-marocaine
Dans son livre, Nicolas Sarkozy défend également une position favorable aux intérêts marocains sur la question du Sahara. Il appelle alors la France à prendre clairement position en faveur de la « marocanité du Sahara », considérant cette question comme centrale pour les intérêts stratégiques du Maroc.
Cette position doit toutefois être replacée dans le contexte de la publication du livre en 2023. Depuis, la France a officiellement renforcé son soutien à la position marocaine. En juillet 2024, Emmanuel Macron a affirmé que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivaient dans le cadre de la souveraineté marocaine et que le plan d’autonomie marocain constituait la « seule base » pour parvenir à une solution politique.
Une relation franco-marocaine jugée stratégique
Nicolas Sarkozy se dit enfin préoccupé par la dégradation des relations entre Paris et Rabat au cours de la décennie précédant la publication de son livre. Il attribue cette évolution, selon sa propre analyse, à la politique menée par ses deux successeurs vis-à-vis de l’Algérie.
Dans son ouvrage, l’ancien président français plaide ainsi pour un rééquilibrage de la politique française au Maghreb et pour un renforcement de la relation avec le Maroc, qu’il considère comme un partenaire stratégique et privilégié de la France.




