L’Espagne a activé, pour la première fois, un dispositif prévu par sa législation sur la sécurité nationale pour faire face à la crise migratoire à Sebta.
La décision a été prise mardi 25 août lors d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité nationale, présidée par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. Les autorités considèrent la situation comme suffisamment grave et urgente pour nécessiter une coordination renforcée entre les différentes administrations.
Un commandement unifié
Madrid a annoncé la création d’un « commandement unifié », coordonné par Ángel Víctor Torres, ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique.
Cette structure réunira notamment le gouvernement de Sebta, la délégation du gouvernement central, le Centre national du renseignement (CNI), plusieurs ministères et le Département de la sécurité nationale.
Les autorités espagnoles précisent que cette mesure ne prévoit aucune restriction des droits et libertés fondamentaux.
Les migrants et les mineurs au centre des mesures
L’objectif est notamment d’accélérer le traitement des dossiers des migrants présents à Sebta, y compris les procédures de retour lorsqu’elles sont prévues par la loi.
Madrid souhaite également renforcer la prise en charge des demandes de protection internationale et des mineurs non accompagnés.
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement espagnol, plus de 2.900 mineurs ont déjà été identifiés et enregistrés. Une enveloppe exceptionnelle de 25 millions d’euros a été prévue pour leur prise en charge.
Un plan économique renforcé
Le gouvernement espagnol prépare également une extension exceptionnelle du plan de développement socio-économique de Sebta, qui avait déjà mobilisé plus de 180 millions d’euros.
Les nouvelles mesures devraient concerner la sécurité, la gestion des flux migratoires, les services publics et le soutien aux secteurs économiques affectés par la crise.
Les tensions politiques se poursuivent
La crise migratoire provoque également des débats politiques à Madrid. Plusieurs membres du gouvernement doivent s’expliquer devant le Congrès des députés sur la gestion de la situation.
La question des relations avec le Maroc reste également sensible. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, avait appelé Rabat à enquêter sur les circonstances de l’arrivée massive de migrants à Sebta.
De son côté, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé l’attachement du Maroc à ce qu’il considère comme son « droit historique et géographique » sur Sebta et Melilla. Il a également proposé la mise en place d’un dialogue bilatéral pour rechercher une solution définitive à la question des deux villes.





