lundi 31 août 2026    Marrakech
Politique

Migration: Sánchez écarte tout soupçon visant le Maroc

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a rejeté toute information mettant en cause les autorités marocaines dans la crise migratoire à Sebta et Mellilia. Il a appelé à préserver la coopération bilatérale pour faire face à une situation qu’il juge complexe.

El Mehdi Lamghari ·
Migration: Sánchez écarte tout soupçon visant le Maroc

À l’occasion de la rentrée politique en Espagne, Pedro Sánchez a défendu la relation avec le Maroc et écarté tout élément permettant de soupçonner une implication des autorités marocaines dans la crise migratoire à Sebta et Mellilia.

Le chef du gouvernement espagnol a affirmé qu’aucune information issue des forces et corps de sécurité de l’État, du Centre national de renseignement ou d’autres services partenaires ne permettait d’étayer de telles accusations.

« Il n’y a aucune information venant des forces et corps de sécurité de l’État, ni du Centre national de renseignement, ni d’aucun centre de renseignement avec lesquels le gouvernement espagnol collabore habituellement, qui permette de jeter un doute sur une participation, d’une manière ou d’une autre, des autorités marocaines », a déclaré Pedro Sánchez.

Le président du gouvernement espagnol a qualifié les accusations visant le Maroc de « graves, dangereuses et gratuites ». Sa position rejoint en partie l’argument avancé par les autorités marocaines au sujet des circonstances ayant entouré l’assaut migratoire.

Rabat avait mis en cause l’instrumentalisation d’une décision de la justice espagnole par des réseaux spécialisés dans le trafic d’êtres humains. Ces organisations auraient diffusé une lecture déformée de la décision afin d’encourager les migrants à tenter le passage.

« Ce que nous savons à ce jour, c’est qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet a été déformé, puis propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains », a expliqué Pedro Sánchez.

Selon lui, la réponse à cette crise passe par le maintien de la coopération avec le Maroc, plutôt que par une remise en cause de la confiance entre les deux pays. « Cette crise ne pourra se résoudre que par la coopération », a-t-il insisté.

Le dirigeant espagnol a également défendu l’efficacité de cette coordination sur le front migratoire. Il a indiqué que les entrées irrégulières enregistrées par la route de la Méditerranée occidentale, celle qui mène vers l’Espagne, étaient deux fois moins nombreuses que celles observées en Méditerranée centrale, notamment sur la route de l’Italie.

Pedro Sánchez a enfin refusé de réduire les relations hispano-marocaines à la seule question migratoire. Il a cité les liens économiques, culturels et sociaux, ainsi que la coopération sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme.

« Bien que la migration soit importante, il y a aussi l’économie, la culture, le social, ainsi que la sécurité dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il déclaré, jugeant la coopération avec le Maroc « franchement positive » sur le plan migratoire.

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