Emploi des femmes : Le Maroc encore loin de la parité économique
Selon la Banque mondiale, moins de 20 % des femmes au Maroc participent au marché du travail, malgré les progrès réalisés en matière d’égalité. L’institution pointe notamment les difficultés de transport, les disparités territoriales et les contraintes liées à la mobilité parmi les principaux freins à leur accès à l’emploi.

Moins de 20 % des femmes au Maroc participent au marché du travail, selon la Banque mondiale. Un niveau qui reste faible malgré les avancées réalisées par le Royaume en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans la gestion des finances publiques.
Dans une récente analyse consacrée à la budgétisation sensible au genre, la Banque mondiale souligne que le Maroc a renforcé depuis plus de vingt ans ses dispositifs juridiques et institutionnels en faveur de l’égalité.
Mais ces avancées ne se traduisent pas encore pleinement sur le marché de l’emploi. Plusieurs obstacles continuent de limiter l’accès des femmes aux opportunités économiques, notamment les difficultés de transport, les disparités territoriales et le manque d’infrastructures.
La mobilité constitue l’un des principaux freins, particulièrement dans les zones rurales. Une analyse du ministère du Transport et de la Logistique réalisée en 2025 a relevé le manque de moyens de transport, l’irrégularité des services et l’insuffisance des infrastructures.
Les problèmes de sécurité et les risques de harcèlement lors des déplacements peuvent également limiter l’accès des femmes à des emplois situés loin de leur domicile.
Pour la Banque mondiale, augmenter la participation économique des femmes ne passe donc pas seulement par la création d’emplois. Il faut également réduire les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à ces opportunités.
Sur le plan institutionnel, le Maroc a néanmoins enregistré des progrès importants. La budgétisation sensible au genre, engagée au début des années 2000, a été renforcée par la réforme de la loi organique relative aux finances en 2015.
Cette approche est aujourd’hui intégrée au processus de préparation et de suivi du budget de l’État. Un rapport annuel permet notamment de suivre des indicateurs liés à l’égalité femmes-hommes dans 35 départements ministériels.
En 2024 et 2025, une nouvelle méthode de classification des dépenses publiques a également été testée afin de mieux mesurer leur contribution aux objectifs d’égalité.
Plus de 800 fonctionnaires ont par ailleurs été formés dans ce domaine, selon la Banque mondiale.
L’enjeu est désormais de transformer ces avancées institutionnelles en résultats concrets, alors que la participation des femmes au marché du travail reste inférieure à 20 %.




