Engrais: le Maroc gagne du terrain sur le marché brésilien
Les importations brésiliennes d’engrais en provenance du Maroc ont progressé de 27 % entre janvier et juillet, alors que les achats totaux du Brésil ont reculé de 7,4 %. Cette hausse renforce la présence marocaine dans un marché marqué par le repli des livraisons russes et chinoises.

Les importations brésiliennes d’engrais en provenance du Maroc ont augmenté de 27 % entre janvier et juillet, selon les données attestées mercredi 12 août par le secrétariat au commerce extérieur du ministère brésilien du Développement, de l’Industrie, du Commerce et des Services. Ces chiffres proviennent de la base officielle Comex Stat et portent sur des marchandises enregistrées par la douane brésilienne à l’importation.
Sur la même période, le Brésil a importé 22,4 millions de tonnes d’engrais, soit un recul de 7,4 % par rapport à un an plus tôt. Le volume correspondant pour 2025 ressort à environ 24,2 millions de tonnes, d’après les données du Secex.
En valeur, la tendance est inverse. La dépense a progressé de 7,3 %, passant d’environ 8,2 milliards à 8,8 milliards de dollars, ce qui traduit une hausse sensible des prix moyens sur le marché.
Rapportée aux quantités déclarées, la valeur moyenne a atteint près de 393 dollars la tonne, contre 339 dollars un an auparavant. Cela représente une hausse calculée de 15,9 %, dans un contexte où le Brésil a acheté moins de volumes, mais à un coût unitaire plus élevé.
La Russie est restée le premier fournisseur avec 4,9 millions de tonnes, devant la Chine avec 4,1 millions. Ces deux provenances ont toutefois accusé des baisses respectives de 28 % et 20 %, selon les chiffres publiés par l’administration brésilienne.
Les arrivages russes ont représenté 21,9 % des importations brésiliennes d’engrais entre janvier et juillet, contre 18,3 % pour les expéditions chinoises. Ensemble, les deux pays ont livré 9 millions de tonnes, soit 40,2 % du total importé par le Brésil.
Durant la même période de 2025, la Russie et la Chine avaient fourni près de 11,9 millions de tonnes, selon un calcul fondé sur les variations publiées par le Secex. La contraction de ces deux flux atteint ainsi approximativement 2,9 millions de tonnes.
Ce recul n’a été que partiellement compensé par la progression de 27 % des achats au Maroc, par une hausse de 10 % des volumes canadiens et par l’entrée de 1,6 million de tonnes originaires du Turkménistan. L’Amérique du Nord a, de son côté, fourni 2,5 millions de tonnes, en hausse de 20 %.
Les données disponibles ne permettent toutefois pas d’établir avec la même précision le tonnage marocain dans la synthèse accessible de Comex Stat. Une extraction détaillée par nomenclature douanière dans la fiche bilatérale Brésil-Maroc serait nécessaire pour éviter toute confusion entre phosphates naturels, acide phosphorique et différentes catégories d’engrais phosphatés.
Selon les calculs tirés des chiffres publiés, la hausse de 27 % des volumes marocains, rapportée au recul global de 7,4 % du marché, implique une progression d’environ 37 % de la part relative du Maroc dans les approvisionnements brésiliens. Ce taux mesure une évolution de présence sur le marché et non un gain de 37 points de pourcentage.
Les provenances du Moyen-Orient ont, pour leur part, totalisé 1,6 million de tonnes entre mars et juillet, en baisse de 16 % sur cette période particulière. La méthodologie de Comex Stat classe les opérations selon la nomenclature commune du Mercosur, le pays d’origine, le poids net, la valeur franco à bord, le fret, l’assurance, le moyen de transport et le bureau douanier.
Ces enregistrements établissent une importation douanière déclarée, sans attester à eux seuls le déchargement final, la réception commerciale ou l’usage agricole des produits. Sources: Barlamane FR.




