Huelva: près de 15 000 saisonniers marocains mobilisés dans les champs
Près de 15 000 saisonniers marocains ont travaillé lors de la dernière campagne agricole à Huelva, où ils représentent de loin le principal contingent recruté à l’origine. La province andalouse concentre à elle seule 85 % des embauches réalisées en Espagne dans le cadre du programme Gecco.

Près de 15 000 saisonniers marocains ont travaillé durant la dernière campagne agricole à Huelva, a indiqué dimanche 16 août la sous-délégation du gouvernement espagnol dans cette province andalouse. Le Maroc reste de très loin le premier pays de provenance de cette main-d’œuvre, composée principalement de femmes, dont beaucoup reviennent d’une campagne à l’autre.
Au total, plus de 22 000 travailleurs de huit nationalités ont rejoint la province via le dispositif de gestion collective des recrutements à l’origine, connu sous l’acronyme Gecco. À elle seule, Huelva concentre 85 % des recrutements effectués en Espagne dans ce cadre, contre environ 4 % pour Lérida et 2 % pour Albacete.
Le contingent accueilli cette saison a augmenté de 4 255 personnes par rapport à la campagne précédente, pour dépasser les 22 000 travailleurs. María José Rico, sous-déléguée du gouvernement espagnol à Huelva, a dressé un bilan « positif » et défendu le « succès » d’un mécanisme soutenu, selon elle, par la filière des fruits rouges.
La responsable a également souligné que Huelva constituait à la fois la vitrine espagnole de cette filière et le principal territoire d’application du programme Gecco. Les Marocains représentent à eux seuls près des deux tiers des travailleurs recrutés dans la province par ce canal.
Aux quelque 15 000 saisonniers venus du Royaume se sont ajoutés des ressortissants du Guatemala, du Honduras, du Paraguay, de Mauritanie, de Colombie, du Sénégal et d’Équateur. Une partie des salariés employés dans ce cadre bénéficie désormais du statut de permanent discontinu, qui leur garantit, d’après María José Rico, du travail pendant quatre ans.
Le gouvernement espagnol étudie parallèlement l’entrée du Mali et de l’Égypte dans ce dispositif, présenté par la sous-déléguée comme un modèle de migration « ordonnée et sûre ». À ces recrutements s’ajoutent environ 3 000 personnes, principalement originaires du Mali et du Sénégal, employées au titre de la protection internationale dans le cadre d’un accord associant Asaja-Huelva et Freshuelva.
Selon les calculs avancés par María José Rico, l’ensemble de ces mécanismes porte à près de 28 000 le nombre de travailleurs étrangers liés à la campagne agricole de Huelva. Cette main-d’œuvre a accompagné une saison marquée par un recul d’environ 3 % de la production de fraises, une baisse que la responsable estime compensée par l’évolution des récoltes de myrtilles et de framboises.
La sous-déléguée considère que ces effectifs ont permis de couvrir les besoins en main-d’œuvre du secteur agricole. Dans le même temps, Madrid et les représentants de la filière ont engagé les préparatifs de la campagne 2026-2027 et négocient une hausse du contingent recruté à l’origine, sans avoir encore fixé le nombre de travailleurs supplémentaires concernés.
Après vingt-six années de fonctionnement du modèle, María José Rico a toutefois reconnu que l’hébergement restait l’un de ses principaux points faibles. Des rapports sur les exploitations ont été lancés afin d’écarter les logements jugés inadéquats et d’assurer aux saisonniers des espaces ventilés ainsi que des chambres considérées comme dignes, y compris lorsqu’elles sont partagées.
Les autorités espagnoles cherchent aussi à fluidifier les déplacements des contingents, notamment ceux en provenance du Maroc. La sous-délégation du gouvernement à Huelva travaille avec son homologue de Cadix et avec l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras pour réduire les délais subis par les travailleurs arrivant en Espagne par Tarifa.
Avant leur départ, les saisonniers reçoivent une formation destinée à leur présenter leurs droits et leurs obligations. Les programmes WaTra I, WaTra II et Cosechando Oportunidades permettent par ailleurs à des travailleuses d’acquérir des connaissances pouvant leur servir à créer une activité économique après leur retour dans leur pays.
En marge des recrutements à l’origine, la procédure extraordinaire de régularisation close le 30 juin a donné lieu à 10 359 demandes dans la province de Huelva. María José Rico a assuré que leur traitement s’était déroulé « sans aucun engorgement ni accumulation de rendez-vous », ajoutant que les Colombiens ont représenté 24 % des dossiers, devant les Marocains autour de 21 %, les Vénézuéliens près de 9 % et les Sénégalais environ 8 %.




