Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation du droit au travail au Maroc. Dans son rapport annuel 2024, l’institution met en évidence les difficultés structurelles du marché de l’emploi, aggravées par l’inflation et les inégalités persistantes.
Selon le rapport, le taux de chômage est passé de 13 % en 2023 à 13,3 % en 2024, confirmant les difficultés du marché du travail. Les femmes et les jeunes restent les plus touchés par cette situation.
Le chômage des femmes a augmenté, passant de 18,3 % à 19,4 %, tandis que celui des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint 36,7 %, contre 35,8 % l’année précédente. Chez les jeunes de 25 à 34 ans, le taux de chômage est également en hausse, passant de 20,6 % à 21 %.
Le CNDH estime que ces chiffres révèlent les limites des politiques économiques et des dispositifs d’insertion, qui peinent encore à intégrer les jeunes diplômés et les femmes dans le marché du travail. Cette situation entraîne plusieurs conséquences économiques, notamment une baisse du pouvoir d’achat, une perte de productivité et un ralentissement de la croissance.
Concernant l’inflation, le rapport souligne une baisse en 2024, avec un taux annuel de 2,4 %, après 6,6 % en 2022 et 6,1 % en 2023. Toutefois, le CNDH avertit que cette diminution ne suffit pas à améliorer les conditions de vie, car avoir un emploi ne garantit plus toujours un revenu suffisant face à la hausse du coût de la vie.
Le rapport évoque également la persistance du travail des enfants, particulièrement dans les zones rurales. En 2024, environ 101 000 enfants âgés de 7 à 17 ans exercent une activité économique au Maroc. Bien que ce chiffre soit en baisse par rapport aux années précédentes, il représente encore 1,3 % des enfants de cette tranche d’âge.
La majorité de ces enfants travaillent en milieu rural, avec 78 000 cas recensés, contre 23 000 en milieu urbain. Le CNDH souligne que près de six enfants travailleurs sur dix exercent des activités dangereuses, ce qui compromet leur accès à l’éducation et à la santé.
L’institution rappelle également le manque de ressources dans le contrôle du respect du droit du travail. Même si le nombre d’inspecteurs du travail est passé de 222 à 569 en cinq ans, ce chiffre reste insuffisant pour garantir une surveillance efficace.
Face à cette situation, le CNDH recommande plusieurs mesures, notamment l’adoption rapide de la loi encadrant le droit de grève, le renforcement des investissements créateurs d’emplois décents, la revalorisation des salaires face à l’inflation, l’amélioration de l’accès aux produits de première nécessité et le recrutement de nouveaux inspecteurs du travail.





