Des centaines d’avocates et d’avocats issus de l’ensemble des barreaux du Royaume se sont rassemblés, vendredi 06 février 2026, devant le Parlement à Rabat pour protester contre le projet de loi n°66.23 relatif à la profession d’avocat. Cette mobilisation nationale a été initiée par l’Association des ordres des avocats du Maroc, dans un climat de tension persistante avec le ministère de la Justice.
Vêtus de leurs robes noires, les manifestants ont scandé des slogans appelant au retrait ou à la révision du texte, dénonçant un projet jugé attentatoire à l’indépendance de la profession. Des banderoles appelant à la préservation du rôle constitutionnel de l’avocat et à la protection des droits et libertés ont également été brandies.
Selon les avocats mobilisés, le projet de loi, tel qu’il est présenté actuellement, contient des dispositions qualifiées de « régressives », susceptibles de fragiliser l’autonomie du barreau et de porter atteinte aux garanties d’un procès équitable. Ils estiment que cette réforme marque un recul par rapport aux acquis historiques de la profession et menace les fondements de l’État de droit.
Plusieurs participants ont indiqué que ce sit-in s’inscrit dans un programme national de protestation, visant à exercer une pression sur les autorités afin d’obtenir soit le retrait du texte, soit son amendement en profondeur à travers une approche participative associant les représentants de la profession.
Un avocat du barreau de Rabat a souligné que « le métier d’avocat n’est pas une simple activité professionnelle, mais une mission constitutionnelle », estimant que toute réforme menée sans concertation réelle constitue une remise en cause grave du rôle de la défense.
La veille de la manifestation, le Front national pour la défense de l’indépendance de la profession d’avocat avait tenu une conférence à Rabat, alertant sur les risques du projet de loi pour l’équilibre du système judiciaire. Les intervenants ont mis en garde contre une logique de contrôle administratif qui pourrait transformer l’avocat en simple prestataire, au détriment de son indépendance.
De son côté, le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, maintient le projet de loi. S’il a invité les barreaux à formuler leurs observations par écrit et assuré être disposé à corriger certaines dispositions, il a néanmoins rejeté toute possibilité de retrait du texte du Parlement.




