Peine de mort : Amina Bouayach appelle à un débat plus humain
La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a appelé, mardi à Rabat, à humaniser le débat sur la peine de mort et à engager les réformes nécessaires à son abolition définitive au Maroc, soulignant l’importance de protéger le droit à la vie.

La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a plaidé, mardi 20 octobre 2026 à Rabat, pour un débat plus humain sur la peine de mort, appelant le gouvernement et le Parlement à engager les réformes nécessaires à son abolition définitive.
Lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, Amina Bouayach a souligné que l’humanisation du débat ne signifie pas minimiser la gravité des crimes ni ignorer la souffrance des victimes.
Elle a expliqué que cette approche vise à renforcer la protection du droit à la vie et à privilégier des solutions préventives pour lutter contre la criminalité.
La présidente du CNDH a ainsi appelé les pouvoirs exécutif et législatif à transformer le moratoire de fait sur les exécutions en une abolition inscrite dans la loi.
Le Maroc encouragé à poursuivre ses réformes
Le coordinateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort, Abderrahim Jamaï, a salué la dynamique engagée au Maroc, notamment la décision d'accueillir le 10e Congrès mondial contre la peine de mort à Marrakech.
De son côté, le directeur général de l'association Ensemble contre la peine de mort (ECPM), Raphaël Chenuil-Hazan, a rappelé que le Maroc n'a procédé à aucune exécution depuis 1993 et qu'il a soutenu une résolution des Nations unies en faveur d'un moratoire sur la peine capitale.
Un soutien international aux efforts d'abolition
Le chef adjoint de la délégation de l'Union européenne au Maroc, Daniele Dotto, a réaffirmé le soutien de l'UE aux initiatives visant l'abolition de la peine de mort.
Le représentant de l'Observatoire marocain des prisons, Abdallah Mouseddad, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de prendre en compte les conséquences psychologiques et sociales de cette peine sur les condamnés et leurs familles, tout en renforçant les programmes de réinsertion.
Un appel à modifier le Code pénal
À l'issue de la rencontre, les participants ont adopté une déclaration appelant le gouvernement à faire de l'abolition de la peine de mort une priorité des réformes législatives.
Ils ont également invité le Parlement à supprimer cette peine du Code pénal et à ratifier le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant l'abolition de la peine de mort.
Bien que le Maroc n'ait procédé à aucune exécution depuis 1993, la peine capitale demeure inscrite dans sa législation. L'organisation du prochain Congrès mondial à Marrakech représente, selon les intervenants, une occasion de relancer le débat et de faire avancer les réformes dans ce domaine.




