jeudi 15 octobre 2026☼ —    Marrakech
Société

Croissance économique : L’emploi à la traîne

L’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9 % en 2025, contre 4,4 % en 2024, selon le rapport annuel de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Malgré cette progression, le chômage et les difficultés de création d’emplois durables restent des défis majeurs pour le Royaume.

El Mehdi Lamghari · · Mis à jour
Croissance économique : L’emploi à la traîne

L’économie marocaine a poursuivi sa progression en 2025, portée par la consommation intérieure et les investissements. Selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), la croissance a atteint 4,9 %, tandis que l’inflation s’est limitée à 0,8 % et que le déficit budgétaire a reculé à 3,5 % du produit intérieur brut (PIB).

Cette amélioration s’explique notamment par la hausse des recettes publiques de 14,2 %, la progression des investissements directs étrangers de 28 % et l’augmentation des crédits à l’équipement de 25,4 %.

Le chômage, principal défi de l’économie marocaine

Malgré ces résultats encourageants, le marché du travail continue de présenter des difficultés structurelles.

Le taux de chômage, qui oscillait entre 9 % et 10 % avant 2020, se situe désormais entre 12 % et 13,5 % ces dernières années, selon les analyses de la DEPF.

Cette situation s’explique notamment par le manque d’emplois qualifiés, l'inadéquation entre les formations et les besoins des entreprises, ainsi que les inégalités d’accès à l’emploi entre les régions.

Pour y faire face, la DEPF recommande de renforcer la formation professionnelle, de soutenir les petites et moyennes entreprises et d’encourager les secteurs créateurs d’emplois durables.

L’investissement progresse, mais la création d’emplois reste limitée

Le rapport souligne que la croissance économique marocaine repose principalement sur l’investissement et l’amélioration de la productivité, tandis que la contribution de l’emploi demeure relativement faible.

Entre 2004 et 2022, la productivité du travail a contribué à hauteur de 86 % à la croissance du PIB par habitant, contre seulement 13 % pour l’emploi.

Toutefois, une évolution positive a été enregistrée dans le secteur formel, avec un nombre de salariés occupant un emploi stable passé de 1,85 million en 2017 à 2,51 millions en 2024.

Des perspectives de développement à renforcer

Le rapport identifie Casablanca-Settat et Marrakech-Safi comme deux régions disposant d’un potentiel important de diversification économique et de création d’emplois.

La DEPF souligne également la nécessité d’améliorer les compétences, de renforcer la productivité et de réduire les disparités régionales pour soutenir la croissance à long terme.

Ainsi, malgré les performances économiques enregistrées en 2025, la création d’emplois et l’amélioration du niveau de vie restent les principaux enjeux du développement économique marocain.

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