Le rappeur marseillais Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, a été condamné jeudi 19 février par la cour criminelle de Paris à sept ans de prison ferme pour viol. Un mandat de dépôt a été délivré à l’audience, entraînant son incarcération immédiate.
Son avocat a annoncé son intention de faire appel.
Une affaire datant de 2021
Les faits jugés remontent à la nuit du 1er octobre 2021, dans une chambre d’hôtel parisienne. L’artiste était accusé d’avoir pénétré une jeune femme de 24 ans alors qu’elle dormait.
À l’audience, la plaignante a indiqué s’être endormie après une soirée et s’être réveillée en raison de la douleur. Dans ses motivations, la cour a retenu « l’absence de consentement », soulignant la constance et la cohérence de ses déclarations tout au long de la procédure.
À l’énoncé du verdict, la jeune femme s’est effondrée. L’accusé, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a été immédiatement placé en détention.
Une défense qui conteste le verdict
Tout au long du procès, Nabil Boukhobza a nié toute agression sexuelle, affirmant que la relation était consentie. La défense conteste la qualification de viol et estime que l’intention criminelle n’a pas été caractérisée.
Si les témoignages des personnes présentes dans la chambre qui avaient consommé de l’alcool et d’autres substances, selon le dossier ont présenté certaines imprécisions, les trois jeunes femmes ont confirmé que la plaignante dormait au moment des faits.
Connu du grand public pour son titre La Kiffance, le rappeur fait également l’objet d’une autre mise en examen dans le Var pour des accusations similaires qu’il conteste.
Une législation recentrée sur le consentement
Cette condamnation intervient dans un contexte juridique en évolution. La loi du 6 novembre 2025 a modifié la définition pénale du viol et des agressions sexuelles en intégrant explicitement la notion de consentement dans le Code pénal (article 222-22).
Désormais, tout acte sexuel sans consentement libre, éclairé, spécifique et révocable peut être qualifié d’infraction. Cette réforme marque un recentrage du droit sur la notion de consentement, au-delà de la seule preuve de contrainte.
Des chiffres en hausse constante
Selon les données du Ministère de l’Intérieur, 132 300 victimes d’agressions sexuelles ont été enregistrées en 2025, contre 122 400 en 2024, soit une hausse de 8 %.
En 2017, 57 000 victimes avaient été recensées : Le chiffre a donc plus que doublé en huit ans. En 2024, 122 600 victimes ont été enregistrées, en augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente.
Les femmes représentent environ 85 % des victimes, et plus de la moitié sont mineures. Par ailleurs, près de 217 000 femmes déclarent subir chaque année des violences sexuelles (viols, tentatives ou agressions), bien qu’une partie seulement des faits fasse l’objet d’un dépôt officiel.
Près de 75 % des violences sexuelles sont commises en dehors du cadre familial. En 2022, environ 50 000 personnes ont été mises en cause dans des dossiers traités par les parquets, conduisant à près de 7 500 condamnations. En moyenne, 11 500 mineurs sont mis en cause chaque année pour des infractions sexuelles sur la période 2017-2024.
Célébrités et visibilité publique
Les affaires impliquant des personnalités publiques prennent souvent une dimension nationale en raison de leur notoriété et de l’attention qu’elles suscitent.
Cette impression de récurrence traduit-elle une évolution réelle des faits ou simplement une visibilité accrue liée à la célébrité ? La question demeure ouverte.





