Recherche scientifique : L’IA s’attaque à une hypothèse fondamentale
L’intelligence artificielle pourrait être à l’origine d’une avancée majeure en informatique théorique. OpenAI affirme avoir remis en cause l’hypothèse du temps exponentiel (ETH), formulée en 1999, grâce à une démonstration élaborée avec l’aide de l’IA. Cette découverte potentielle, qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche informatique, doit encore être validée par des experts indépendants.

OpenAI et Anthropic annoncent que leurs modèles d’intelligence artificielle ont réfuté l’hypothèse du temps exponentiel, une conjecture qui guide de nombreux travaux en informatique. Encore en cours de vérification, cette annonce suscite autant d’intérêt que d’interrogations dans le monde scientifique.
L’hypothèse du temps exponentiel, connue sous le sigle ETH, concerne les limites du calcul informatique. Elle postule que certains problèmes nécessitent un temps de résolution qui augmente de manière exponentielle avec leur taille, rendant les cas les plus complexes difficiles à traiter.
Si sa réfutation est confirmée, elle pourrait ouvrir la voie à de nouvelles méthodes de calcul. Des domaines comme l’analyse de données ou la génomique pourraient, à terme, en bénéficier. Aucune application immédiate n’est toutefois établie.
OpenAI a confié l’examen de cette démonstration à trois spécialistes : Russell Impagliazzo et Ramamohan Paturi, deux auteurs de la conjecture, ainsi que Ryan Williams, chercheur au Massachusetts Institute of Technology.
Interrogés par l’AFP, les scientifiques décrivent une avancée potentiellement importante, tout en exprimant des visions différentes de ses conséquences. Ramamohan Paturi souligne que les recherches fondées sur cette hypothèse conserveraient leur valeur. Il estime également que les humains restent indispensables pour choisir les orientations scientifiques et exercer un jugement critique.
Ryan Williams voit dans les progrès de l’IA le début d’une transformation profonde de la discipline. Russell Impagliazzo s’interroge, pour sa part, sur la place qui restera aux chercheurs si les machines prennent en charge une part croissante des découvertes, leur laissant surtout la vérification et l’explication des résultats.
La concentration de ces outils entre les mains d’entreprises privées soulève aussi des questions d’accès et d’indépendance. Disposer d’une démonstration publiée ne garantit pas à toutes les équipes les mêmes moyens pour poursuivre les recherches.
L’annonce doit désormais passer l’épreuve de l’évaluation scientifique. C’est cet examen qui permettra de confirmer la validité du résultat et d’en mesurer la portée.




