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Presse Internationale

Manifestations en France : Une nouvelle arme policière fait débat

La police française expérimente des boucliers équipés de lumières clignotantes pour tenir les manifestants à distance. Utilisé lors des mobilisations lycéennes à Paris, ce dispositif suscite des critiques concernant ses effets possibles sur la santé et les difficultés qu’il pourrait poser aux journalistes pour filmer les interventions policières.

El Mehdi Lamghari ·
Manifestations en France : Une nouvelle arme policière fait débat

Les forces de l’ordre françaises testent de nouveaux boucliers équipés de lumières stroboscopiques, capables de produire des flashs lumineux intenses pour gêner la vision des manifestants.

Ces équipements ont été utilisés mardi et jeudi à Paris, lors d’incidents survenus pendant des manifestations lycéennes. Ils diffusent des lumières vertes ou blanches destinées à éblouir les personnes qui leur font face.

Le ministère français de l’Intérieur a confirmé que ces boucliers font partie d’une expérimentation visant à développer de nouveaux moyens de maintien de l’ordre.

Un dispositif pour disperser les manifestants

Selon les autorités françaises, ces boucliers sont destinés à être utilisés lors de situations tendues, notamment lorsque des manifestants lancent des projectiles en direction des policiers ou des gendarmes.

Les flashs lumineux perturbent temporairement la vision des personnes qui leur font face, afin de les empêcher de viser les forces de l’ordre.

Le ministère de l’Intérieur précise que cette expérimentation s’inscrit dans une réflexion engagée depuis 2023.

Au total, 14 dispositifs lumineux ont été développés et distribués à plusieurs services de police et de gendarmerie. À Paris, la brigade BRAV-M figure parmi les unités ayant utilisé ces équipements.

Des inquiétudes pour la santé et la liberté de la presse

L’utilisation de ces boucliers provoque des réactions de plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse.

Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète notamment des difficultés que ces lumières pourraient poser aux journalistes pour filmer les interventions policières.

De son côté, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) demande le retrait du dispositif. L’association estime que ces flashs peuvent empêcher les observateurs et les journalistes de documenter correctement les opérations de maintien de l’ordre.

Sa présidente, Nathalie Tehio, évoque également des risques pour la santé, notamment chez les personnes épileptiques.

Selon les témoignages rapportés par l’association, les lumières peuvent provoquer des maux de tête et rendre les images filmées difficilement exploitables, particulièrement la nuit.

Le ministère de l’Intérieur défend son utilisation

Face à ces critiques, le ministère français de l’Intérieur assure que les lumières utilisées ne présentent pas de danger pour la santé.

Les autorités expliquent que ces boucliers doivent compléter les moyens de maintien de l’ordre déjà disponibles.

Une source policière rejette également les accusations selon lesquelles ces équipements seraient destinés à empêcher les journalistes et les citoyens de filmer les interventions.

Pour l’instant, les boucliers lumineux restent en phase d’expérimentation dans plusieurs unités de police et de gendarmerie.

Leur utilisation continue toutefois de susciter des débats en France sur les méthodes de maintien de l’ordre, les risques pour la santé et le respect de la liberté d’informer lors des manifestations.

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