Gaza: le Hamas défend au Caire le plan américain en 15 points
Une délégation du Hamas s’est entretenue dimanche en Égypte avec le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad, sur les moyens de faire avancer le plan américain pour Gaza. Le mouvement affirme rester engagé dans cette feuille de route, tout en accusant Israël d’en bloquer l’application.

Une délégation du Hamas a échangé dimanche en Égypte avec le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad, sur les moyens de faire avancer le plan de paix américain pour Gaza, selon l’agence de presse officielle égyptienne. La réunion s’est tenue à El-Alamein, dans le nord du pays, alors que les médiations se poursuivent autour d’un cessez-le-feu et de la suite du processus politique.
D’après l’agence Mena, la délégation était dirigée par Khalil al-Hayya. Il s’agissait de sa première visite en Égypte depuis sa nomination à la tête du Hamas à la fin juillet, un déplacement présenté comme un signal de continuité dans les discussions avec les médiateurs.
Selon la même source, la délégation « a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan du président américain Donald Trump ». Cette position intervient alors que le mouvement palestinien cherche à convaincre les médiateurs de relancer la mise en œuvre du texte proposé par Washington.
Avant le début des discussions, un responsable du Hamas a précisé à l’AFP que la rencontre portait sur « les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l’accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre ». Le mouvement place donc au centre des échanges la question de l’application effective de l’accord.
Le Hamas avait donné son accord, à la fin juillet, à cette feuille de route américaine en 15 points. Le texte est censé ouvrir la deuxième étape du plan de Donald Trump pour une sortie de guerre à Gaza et prévoit à la fois le désarmement du Hamas et le retrait israélien du territoire palestinien.
Israël a toutefois rejeté officiellement ce document. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a exigé un désarmement « véritable » du Hamas, ce qui a creusé les divergences entre les deux parties sur les conditions de mise en œuvre du plan.
Le responsable du Hamas cité par l’AFP avait aussi indiqué que la délégation devait informer les responsables égyptiens des « violations par Israël de l’accord de cessez-le-feu ». Selon cette même source, Khalil al-Hayya devait rappeler « l’engagement du mouvement » et sa disponibilité à appliquer l’accord dès lors qu’Israël annoncerait s’y conformer.
Dans ce contexte, les médiateurs tentent d’aplanir les désaccords qui bloquent encore le processus. Jared Kushner, émissaire et gendre de Donald Trump, doit ainsi se rendre la semaine prochaine en Israël et en Égypte, accompagné de Nikolaï Mladenov, présenté comme haut représentant pour Gaza du « Conseil de Paix » du président américain.
Une autre source au sein du Hamas a indiqué à l’AFP que, dans la perspective de cette visite, « des contacts étaient en cours » pour organiser une réunion entre la délégation du mouvement, M. Mladenov et des responsables américains. Ces échanges viseraient à maintenir un canal direct autour de la feuille de route.
La même source a également fait état de « contacts et discussions » avec les médiateurs égyptiens, qataris et turcs afin de « contraindre Israël à respecter l’accord ». Le Hamas cherche ainsi à élargir la pression diplomatique autour d’un texte qui reste, à ce stade, contesté par le gouvernement israélien.
Cette séquence confirme le rôle central de l’Égypte dans les discussions sur Gaza. Le Caire reste un interlocuteur clé entre les différentes parties, au moment où les efforts se concentrent sur la relance d’un accord dont l’interprétation et les garanties divisent encore profondément les protagonistes.




