La contestation des avocats contre le projet de loi n° 66-23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat s’intensifie. À la veille d’un arrêt total de l’activité prévu pour mardi 6 janvier 2026, l’Association des barreaux du Maroc (ABM) et le Barreau de Casablanca réaffirment leur rejet catégorique d’un texte qu’ils jugent attentatoire à l’indépendance de la profession.
Réuni à Marrakech, le Bureau de l’ABM a annoncé la suspension complète de toutes les prestations professionnelles des avocats à compter du 6 janvier. Dans un communiqué, l’Association dénonce une « rupture irresponsable » du dialogue avec le ministère de la Justice et estime que la version finale du projet de loi ne tient pas compte des propositions formulées lors des concertations précédentes.
L’ABM considère que l’adoption d’une loi régissant la profession ne peut se faire sans l’implication effective de ses représentants. Elle rappelle que l’avocat joue un rôle constitutionnel essentiel dans la défense des droits et libertés et dans la garantie d’un procès équitable. L’Association tient le ministère de la Justice pour responsable de la situation actuelle et appelle à une mobilisation générale de la profession.
De son côté, le Conseil de l’Ordre des avocats de Casablanca a également exprimé son opposition ferme au projet. Réuni en session extraordinaire le 22 décembre 2025 sous la présidence du bâtonnier Mohamed Hissi, le Conseil a estimé, à l’unanimité, que le texte constitue une menace sérieuse pour l’indépendance des avocats. Il souligne que les deux versions du projet actuellement en circulation sont identiques.
Sur le fond, le Barreau de Casablanca critique plusieurs dispositions du projet, notamment le renforcement du contrôle du pouvoir exécutif sur la profession, la réduction des prérogatives des bâtonniers et des conseils de l’Ordre, ainsi que l’attribution du numéro national de l’avocat par le ministère de la Justice. Le Conseil exprime également ses inquiétudes concernant l’ouverture accrue aux avocats étrangers et certaines restrictions liées à la procuration légale.
Cette nouvelle phase de tension rappelle la grève nationale des avocats observée en novembre 2024 contre la réforme du Code de procédure civile, qui avait entraîné une paralysie des juridictions et mis en lumière les difficultés persistantes du dialogue institutionnel.





