Aides sociales : Lekjaa annonce un changement des critères d’accès
Le gouvernement prévoit de faire évoluer l’indice d’éligibilité à l’aide sociale pour le fonder uniquement sur les revenus des ménages à mi-mandat. Une hausse progressive du montant minimum de l’aide directe, de 500 à 1 000 dirhams, est également envisagée.

Fouzi Lekjaa a annoncé, vendredi à la Chambre des représentants, une révision du calcul de l’indice permettant de déterminer les ménages éligibles à l’aide sociale. Certaines variables seront supprimées, tandis que les revenus seront progressivement intégrés.
Cette annonce a été faite lors de la discussion générale du projet de loi de finances 2027, au sein de la Commission des finances et du développement économique.
Un calcul mieux adapté à la situation des familles
Selon le ministre, le système actuel, fondé sur les dépenses des ménages, a permis de dépasser le recours aux attestations administratives. Il peut toutefois entraîner des exclusions lorsqu’une famille fait face à une dépense exceptionnelle.
Or, cette dépense ne signifie pas nécessairement que ses revenus ont augmenté ou que sa situation financière s’est améliorée. Une proposition visant à corriger ces situations sera soumise aux députés.
Une hausse de l’aide directe à l’étude
Quatre millions de ménages bénéficient actuellement de l’aide sociale directe, avec un montant minimum de 500 dirhams.
Pour tenir compte de l’inflation et des difficultés liées au pouvoir d’achat, le gouvernement envisage de relever ce minimum à 600 dirhams la première année, puis de l’augmenter progressivement jusqu’à 1 000 dirhams.
Fouzi Lekjaa a souligné que cette aide doit accompagner les familles vers l’insertion économique et l’emploi. Il s’est également dit disposé à prolonger, si nécessaire, la durée d’accompagnement prévue par la loi lors de sa révision.
AMO : des droits suspendus pour 4,1 millions d’inscrits
Concernant l’Assurance maladie obligatoire, le ministre a indiqué que 32,7 millions de personnes sont inscrites à un régime, mais que seules 28,6 millions disposent de droits ouverts.
Parmi les inscrits, 4,1 millions ont leurs droits suspendus pour non-paiement des cotisations. Par ailleurs, 4,1 millions de personnes ne sont affiliées à aucun régime.
Le ministre a appelé à examiner ces situations selon la capacité de chacun à cotiser, tout en actualisant les bases de données et en vérifiant les chiffres.
Un meilleur accès aux soins attendu
Fouzi Lekjaa a insisté sur la nécessité de traduire l’élargissement de la couverture médicale par une amélioration concrète des soins.
Il a estimé que la part des hôpitaux publics dans le chiffre d’affaires généré par la couverture médicale devrait atteindre au moins 50 %, contre moins de 10 % actuellement, selon les données qu’il a présentées.
Il a enfin souligné le rôle des groupements sanitaires territoriaux, qui offriront aux médecins un cadre d’exercice dans un périmètre géographique plus large.




