Maroc : Le retour de la Samir remis au centre du débat
La hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux relance au Maroc les appels à remettre en service la raffinerie Samir, à l’arrêt depuis 2015, afin de renforcer la sécurité énergétique du Royaume.

Le dossier de la raffinerie Samir revient au centre du débat sur la sécurité énergétique du Maroc, dans un contexte marqué par la hausse des prix des produits pétroliers raffinés et les tensions persistantes sur les marchés internationaux.
Houcine El Yamani, président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole et secrétaire général du Syndicat national des industries du pétrole et du gaz, estime que cette situation accroît les risques pour l’approvisionnement du marché marocain.
Selon lui, le prix du gasoil sur les marchés internationaux pourrait dépasser 1.400 dollars la tonne. À ces niveaux, et en tenant compte des taxes, des coûts de distribution et des marges, le prix du litre au Maroc pourrait, selon ses estimations, franchir les 16,5 dirhams.
Le responsable syndical explique cette pression par plusieurs facteurs, notamment la baisse de l’offre mondiale de diesel, les perturbations touchant certaines raffineries, les sanctions visant certains producteurs ainsi que les difficultés affectant plusieurs routes maritimes stratégiques.
Il souligne également le manque d’investissements dans les capacités mondiales de raffinage ces dernières années, alors que la demande en produits pétroliers reste élevée.
Dans ce contexte, El Yamani estime que le raffinage local pourrait contribuer à réduire l’exposition du Maroc aux fluctuations des marchés internationaux et à renforcer sa sécurité énergétique.
Il affirme que la facture annuelle des importations de gasoil dépasse à elle seule 40 milliards de dirhams, sans compter les autres produits pétroliers comme l’essence, le kérosène, le fioul industriel ou encore le bitume.
Le Front national pour la sauvegarde de la raffinerie renouvelle ainsi son appel à la remise en service de la Samir, à Mohammedia, à l’arrêt depuis plusieurs années et placée en liquidation judiciaire depuis 2016.
L’organisation plaide notamment pour un transfert des actifs de la raffinerie à l’État, à travers un mécanisme de compensation des créances. Une proposition de loi allant dans ce sens avait déjà été présentée au Parlement, sans aboutir.
El Yamani insiste sur la nécessité, selon lui, de relancer la Samir comme véritable unité de raffinage et non uniquement comme infrastructure de stockage.
Il appelle également à envisager une réduction temporaire de la fiscalité sur les carburants, en particulier le gasoil et l’essence, afin de limiter l’impact de la hausse des cours internationaux sur les consommateurs.




