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Détroit de Gibraltar: Rabat relance deux licences maritimes stratégiques

Le Maroc a engagé le renouvellement de deux licences sur les liaisons Algésiras-Tanger Med et Tarifa-Tanger-Ville, selon la presse économique espagnole. Ces procédures pourraient rebattre les cartes sur deux des traversées les plus fréquentées entre les deux rives.

La Rédaction · · Mis à jour
Détroit de Gibraltar: Rabat relance deux licences maritimes stratégiques

Le renouvellement de deux licences marocaines sur les liaisons maritimes du détroit de Gibraltar a été engagé, selon la presse économique espagnole. Les procédures concernent une autorisation entre Algésiras et Tanger Med et une autre entre Tarifa et Tanger-Ville, sur deux axes parmi les plus fréquentés entre le Maroc et l’Espagne.

Selon les mêmes informations, le gouvernement marocain prépare des procédures d’attribution appelées à redessiner une partie de l’offre sur ces deux traversées. Chaque pays conserve toutefois la maîtrise de ses propres mécanismes d’autorisation, dans le cadre du dispositif bilatéral qui encadre ces trafics.

La première procédure porte sur une licence de la ligne Algésiras-Tanger Med devenue disponible après la disparition d’Intershipping. Des sources portuaires espagnoles indiquent que la nouvelle autorisation doit « remplacer la place laissée vacante par Intershipping », cette compagnie marocaine ayant cessé ses activités.

Sur cette liaison, Africa Morocco Link demeure depuis lors le seul opérateur à capitaux majoritairement marocains, aux côtés de Baleària, Armas Trasmediterránea et DFDS. L’ouverture de cette procédure attise l’intérêt de grands armateurs européens déjà présents, ou désireux de se renforcer, sur le marché du détroit.

La Méridionale figurerait parmi les candidats sur Algésiras, où trois compagnies auraient franchi une première sélection puis accédé à une deuxième phase. Filiale française du groupe CMA CGM, l’armateur dessert déjà Tanger Med depuis Marseille.

Le groupe danois DFDS apparaît également parmi les compagnies susceptibles de s’intéresser aux nouvelles autorisations marocaines. L’entreprise attend par ailleurs l’examen, par la Commission nationale des marchés et de la concurrence en Espagne, de son projet de reprise d’une partie des activités d’Armas.

À Tarifa, la procédure marocaine concerne le poste d’amarrage n° 2 sur la liaison avec Tanger-Ville. Il est actuellement exploité par Africa Morocco Link, qui avait remplacé Intershipping en 2024, tandis que le poste n° 3 est exploité par Baleària après un appel d’offres attribué par l’Autorité portuaire de la baie d’Algésiras.

Africa Morocco Link compte le suédois Stena Line à son capital à hauteur de 49 %. Ce partage des positions entre opérateurs s’inscrit dans un cadre hispano-marocain ancien, qui organise l’accès aux lignes entre les ports des deux pays et ouvre aussi ces dessertes aux compagnies de l’Union européenne.

Le dispositif actuel repose sur un accord hispano-marocain amendé en 1993, lui-même issu de la convention maritime signée à Madrid le 29 décembre 1979. Le texte avait d’abord instauré une formule de répartition 40-40-20 pour les marchandises et les passagers, avant d’être réécrit par un échange de notes conclu en 1992 et 1993.

Depuis cette modification, le régime distingue les trafics relevant du code des conférences maritimes, pour lesquels 40 % reviennent aux compagnies marocaines autorisées, 40 % aux compagnies de l’Union européenne et 20 % à celles de pays tiers. Pour les autres trafics, le texte prévoit une participation « égalitaire et équilibrée » des compagnies marocaines et européennes, avec un accès « juste, libre et non discriminatoire ».

D’après des sources portuaires espagnoles, la procédure marocaine commence par une manifestation d’intérêt fondée sur un cahier des charges. Elle se poursuit par la sélection d’un groupe d’entreprises, puis par des négociations réduisant progressivement le nombre de candidats avant l’attribution définitive.

Les mêmes sources disent ne pas connaître, à ce stade, les prescriptions techniques qui seront retenues pour Tarifa. Elles indiquent toutefois que le futur attributaire devra utiliser les branchements électriques à quai du port espagnol, afin de limiter les émissions pendant les escales.

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