La crise migratoire enregistrée à Sebta fin juillet continue d’alimenter le débat politique en Espagne. Le gouvernement de Pedro Sánchez doit désormais répondre aux questions du Parlement, alors que la possibilité d’une visite du Roi Felipe VI dans la ville reste incertaine.
Le président du gouvernement local de Sebta, Juan Jesús Vivas, avait annoncé que le souverain espagnol s’était engagé à effectuer une visite. Madrid a toutefois précisé que ce déplacement aurait lieu uniquement « lorsque le moment sera opportun » et en coordination avec le gouvernement.
Cette prudence intervient après les nombreux passages irréguliers enregistrés les 30 et 31 juillet. Ces événements ont relancé le débat en Espagne sur la gestion de la frontière, la sécurité et la prise en charge des migrants, notamment des mineurs.
Quatre ministres espagnols doivent être entendus par le Parlement les 25, 27 et 28 août. Il s’agit des ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères ainsi que de la Présidence et de la Justice.
Ces auditions porteront notamment sur la gestion de la crise, la coordination des services de sécurité, la situation des mineurs et les conséquences diplomatiques de ces événements.
Dans le même temps, des appels circulant sur les réseaux sociaux évoquent une éventuelle nouvelle tentative de passage collectif autour du 15 août. Les autorités espagnoles disent suivre ces contenus avec prudence, sans confirmer l’existence d’une mobilisation organisée.
Les autorités marocaines ont, pour leur part, attribué les récents événements à plusieurs facteurs, notamment la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux et l’activité de réseaux liés à l’émigration irrégulière.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a également insisté sur la coopération avec Rabat, affirmant que le Maroc avait collaboré dès les premières heures et que le renforcement de cette coopération restait une priorité pour Madrid.
La possible visite du Roi Felipe VI à Sebta reste également un sujet sensible. Depuis son accession au trône en 2014, le souverain espagnol ne s’est jamais rendu officiellement à Sebta ni à Melilla.
Dans ce contexte, le gouvernement espagnol doit trouver un équilibre entre les préoccupations sécuritaires, les demandes d’explications du Parlement et la préservation des relations avec le Maroc.





