Une nouvelle page du désarmement nucléaire mondial s’est tournée avec l’expiration, jeudi 05 février, du traité New START. Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, il n’existe plus aucun accord juridiquement contraignant limitant les arsenaux nucléaires stratégiques des deux principales puissances atomiques, les États-Unis et la Fédération de Russie.
Dans une déclaration publiée à New York, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a qualifié cette échéance de « moment grave pour la paix et la sécurité internationales ». Il a averti que le risque d’utilisation d’une arme nucléaire est aujourd’hui « le plus élevé depuis des décennies ».
Signé en 2010 et entré en vigueur en 2011, le traité New START fixait des plafonds stricts au nombre d’armes nucléaires stratégiques déployées par Washington et Moscou, qui détiennent ensemble l’essentiel du stock nucléaire mondial. Il prévoyait également des mécanismes de vérification et d’inspection destinés à réduire les risques d’erreur et de malentendu.
Selon António Guterres, ces accords, hérités de la guerre froide et renforcés dans les années 1990, ont permis pendant des décennies d’éviter une escalade catastrophique. « Le contrôle des armements nucléaires a contribué à prévenir des erreurs de calcul dévastatrices », a-t-il rappelé.
L’absence de tout cadre commun ouvre désormais une période d’incertitude. Sans règles ni transparence, chaque modernisation militaire peut être perçue comme une menace, alimentant la méfiance et le risque d’une nouvelle course aux armements nucléaires.





