Rapport: Le Maroc parie sur la fabrication d’un million de voitures à l’horizon 2025

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The welding arm on the automobile production line is being welded

Le Maroc produit actuellement 700.000 voitures par an, dont la moitié est exportée à l’étranger. Rabat vise à augmenter la production à un million de voitures d’ici 2025, indique un rapport.

C’est ce qui ressort du dernier rapport publié par l’Institute for Near East Studies (Institut d’études du Proche-Orient), et réalisé par le chercheur Michel Tanchum de l’Université de Navarre. Ce dernier a souligné dans le rapport que la production de batteries de voitures électriques serait adaptée à l’impressionnant écosystème de fabrication automobile du Maroc, qui a déjà la capacité de produire plus de 700.000 voitures par an.

Désormais, le Maroc vise à augmenter sa production automobile à un million de voitures par an d’ici 2025, dont la plupart sont des voitures électriques.

En novembre 2021, le gouvernement marocain a proposé de réduire les droits d’importation sur les cellules lithium-ion de 40% à 17,5% pour promouvoir l’assemblage local de batteries « Li-ion » en utilisant des cellules importées d’Asie de l’Est.

Ainsi, le rapport de l’Institute for Near East Studies a souligné que la clé de l’ascension du Maroc en tant que géant de la fabrication de moyens de transport verts est l’expansion de son écosystème automobile pour inclure la fabrication locale de batteries « Li-ion« , qui représentent 30 à 40 % du coût moyen d’un véhicule électrique, notant que la nouvelle « Giga-usine« , que compte accueillir le Maroc, pourrait produire quelque 300.000 véhicules supplémentaires ciblés comme véhicules électriques.

Le Nearshoring, associé à une planification industrielle intelligente à Rabat et à un bloc stratégique de partenariats étrangers, est un moteur de la dynamique d’auto-renforcement du progrès de l’industrie automobile marocaine.

Bien avant le déclenchement de la pandémie du Covid-19, les chaînes d’approvisionnement mondiales ont en effet commencé à se contracter, vu que les entreprises et les pays se sont concentrés davantage sur la flexibilité que sur la rentabilité immédiate des stocks pour les livrées à temps d’un point lointain à travers le monde.

En ce qui concerne l’Europe, cette transformation structurelle a signifiait le rapprochement de l’approvisionnement et de la fabrication des marchés finaux européens. Afin de maintenir un avantage concurrentiel dans les dépenses d’exploitation, les entreprises internationales ont commencé à implanter des installations de fabrication au Maroc.

Le même rapport précise que la récente annonce de Rabat concernant la signature prochaine d’un accord pour la construction d’une « Giga Factory » pour la fabrication de batteries de voitures électriques, a placé le Maroc au premier plan, devenant ainsi  un leader du transport vert au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

La même source revient ainsi sur la montée en puissance du Maroc en tant que plaque tournante mondiale de la fabrication de véhicules électriques, ce qui est essentiel à la résilience de la chaîne d’approvisionnement occidentale, tout comme à la promotion d’une mobilité neutre en carbone pour lutter contre le changement climatique.

Le document a souligné que l’accent mis sur le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement pour assurer la stabilité des marchés de consommation européens a déjà favorisé le progrès rapide du secteur marocain de la construction automobile et son développement de processus de fabrication plus avancés.

De plus, les réserves marocaines de minéraux vitaux pour les batteries accélèrent son entrée dans le domaine de la fabrication de véhicules électriques soulève le rapport.

Avec une abondance de ressources d’énergie solaire et éolienne, en plus des infrastructures, le rapport estime que le Maroc a le potentiel de mener une révolution de la mobilité respectueuse de l’environnement en alimentant la production de véhicules électriques en utilisant les énergies alternatives.

La production de phosphate, ainsi que d’autres parties de la chaîne de fabrication de véhicules électriques au Maroc, doit être de plus en plus alimentée par des énergies renouvelables, préconise le rapport, afin de garantir que les véhicules de transport verts soient produits de manière durable et intelligente face au climat.

Au Maroc, la compagnie de phosphate (OCP) couvre 89% de ses besoins énergétiques pour produire des engrais phosphatés et phosphorés grâce à la cogénération (réutilisation de l’énergie des gaz d’échappement pour générer une énergie plus propre et moins chère que les combustibles fossiles) et aux sources renouvelables. Elle envisage ainsi, à terme, de couvrir 100 % de ses besoins énergétiques, en fonction des importations de gaz et de charbon rappelle le rapport.

In fine, le même rapport de l’Institute for Near East Studies note que les partenaires occidentaux du Maroc devraient travailler avec Rabat pour faire bouger la fabrication de véhicules électriques dans le pays, afin qu’ils soient alimentés par des ressources d’énergie solaire et éolienne disponibles localement, pour améliorer la flexibilité de la chaîne d’approvisionnement, et garantir que la fabrication de véhicules de transport vert soit également respectueuse de l’environnement.

Avec Hespress

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