Palais après casernes. Les putschistes de la côte africaine peuvent-ils conserver le pouvoir ?

0
25

Ibrahim Traoré, le leader de la transition du Burkina Faso, a fait face à de nombreuses objections et critiques à la suite des résultats du dialogue national tenu à Ouagadougou le 25 mai de l’année dernière. Lors de cette conférence d’une journée, une majorité de partis politiques ont boycotté l’événement, remettant en question sa légitimité et son objectif.

Malgré cela, le dialogue s’est conclu par la confirmation de Traoré comme président du Burkina Faso et commandant en chef des forces armées. Son mandat a été prolongé de cinq ans à compter du 2 juin 2024, le rendant éligible pour participer aux futures élections. Cette décision représente une continuité significative dans le leadership militaire dans la région, reflétant des tendances similaires dans les pays sahraouis voisins qui ont connu des coups d’État militaires ayant conduit à de longues périodes de transition.

Au Mali, par exemple, le colonel Assimi Goita, qui a pris le pouvoir en mai 2021, avait initialement promis d’organiser des élections et de remettre le pouvoir aux civils début 2022, mais a renoncé à ces engagements. Les promesses ultérieures d’organiser des élections législatives en 2023 et des élections présidentielles en 2024 ont été reportées pour des raisons techniques, prolongeant finalement le régime militaire jusqu’en 2027, Goeta lui-même se présentant ensuite à la présidence.

Le Niger a également connu un coup d’État en juillet 2023, déclenchant une période de transition initialement prévue pour seulement trois ans. Cependant, le Premier ministre Ali Amin El-Zein a entamé des consultations en vue d’un dialogue national dont les résultats devaient façonner le paysage politique et en particulier la période de transition.

La situation au Burkina Faso, caractérisée par une escalade des attaques de groupes armés tuant des milliers de civils en 2023, met en lumière les défis auxquels est confronté le gouvernement Traoré. Ces attaques reflètent les menaces sécuritaires persistantes et l’instabilité dans la région.

En général, les dialogues nationaux organisés par les régimes militaires de ces pays ont été clairement rejetés par l’opposition politique et les organisations de la société civile, qui y voient une tentative d’étendre le régime militaire sous couvert de processus démocratiques. L’opposition continue d’appeler à une véritable transition démocratique et à une véritable stabilité à la lumière des défis sécuritaires et des crises humanitaires actuels.

poup

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici